Bergères: bergers de demain ? / Society

Bergères: bergers de demain ?

L’avenir du métier de berger a-t-il un visage féminin ?

Les nouvelles recrues du monde pastoral, sentinelles de sa survie… et de son regain ?

Tous droits réservés

 Cet article se fonde sur certains aspects du mémoire que j’ai soutenu en juin 2013

et sur une étude de terrain dans la région du Haut Var, en France.

Il est à paraître dans l’ouvrage (référence provisoire) :

Caraguel B., Lebaudy G., Msika B. (dir.), 2014, L’alpage au pluriel.

Coédition Fédération des Alpages de l’Isère / Maison du Berger / Cardère éditeur.

Berger-Bergère, ce métier multimillénaire, survit tant bien que mal à l’ère d’une agriculture industrialisée et mondialisée dont le seul but avoué est la productivité et la rentabilité. Pourtant, on observe une pérennité de ce métier grâce au regain[1] relativement nouveau du monde pastoral, permis par une relève de ‘néo-ruraux’ ainsi que par la professionnalisation et la reconnaissance des femmes dans le métier, participant à le refonder et à lui donner un visage nouveau. Les enjeux actuels tournent donc autour de la redéfinition du métier, de sa modernité et autour de sa revalorisation.

 

  1. 1.     Le rapport des bergères à ce métier

1.1. Ce que le métier leur apporte

1.1.1.     Identité sociale et professionnelle hors catégorie

« Le métier d’un homme est l’une des composantes les plus importantes de son identité sociale, de son moi[2] ». En effet, il est courant d’être jugé selon son métier : cette ‘étiquette sociale’ nous définit aux yeux d’autrui. Or, devenir bergère ou berger salarié-e semble avant tout relever d’une volonté de ne pas être catégorisé. Ce métier est à la marge du monde agricole, peu visible et peu présent – même s’il a été beaucoup représenté. Cette démarche s’apparente, pour certain-e-s, à une volonté d’échapper à un système social normatif dominant et aux lois souvent aliénantes du marché du travail. L’identité étant une « marque d’appartenance[3] » à laquelle un individu s’identifie et est identifié par les autres, celle qui décide d’endosser ‘l’étiquette’ de bergère endosse aussi les valeurs, le mode de vie et les représentations de la Bergère, du moins sur la ‘scène’ sociale. Or, la construction de l’identité professionnelle des bergères est compliquée par le modèle encore prévalent du ‘métier de couple’[4], dont nous avons analysé les ressorts dans un travail antérieur. Dans le cas des couples de bergers-éleveurs, le statut administratif des femmes n’est encore ni tout à fait autonome, ni tout à fait égal à celui des hommes. Néanmoins, si le nombre de conjointes d’exploitants diminue au rythme annuel moyen de 5,1%, le nombre de femmes chefs d’exploitation et co-exploitantes augmente progressivement[5] ; preuve, sans doute, d’un processus d’acquisition d’un statut professionnel individuel et d’une remise en question de l’idée de ‘complémentarité de l’homme et de la femme’ en agriculture[6]. Toutefois, la question se pose différemment pour les bergers salariés : les conditions de travail et de vie sont autant de freins à la vie de couple lorsque l’un des deux conjoints n’est pas berger, tandis qu’elle a des impacts plus mitigés lorsqu’ils le sont tous deux.

1.1.2.     Une quête de soi

Mais au-delà de la question de l’identité socio-professionnelle, beaucoup de bergères exercent ce métier dans l’optique – plus ou moins avouée – de se trouver. Partir en estive s’apparente alors à une quête identitaire permise par la retraite (presque mystique) dans ces lieux retirés, coupés du reste du monde, où l’on est, pour quelques mois, à l’écart du reste de l’humanité. Il s’agit alors d’une tentative de recentrement sur soi, une méditation que le silence, l’isolement et l’absence de superfluités permettent: « on vit avec le minimum […] On est forcément obligé de faire le tri et de laisser ce qui est futile en bas. On ne monte que le nécessaire » (Lucie). Le dénuement matériel permet alors une mise à nu de soi ; certaines désignent ainsi la pratique comme un « accomplissement », un « soulagement » car elle invite à se concentrer sur « l’essentiel de la vie, ce qui est important à vivre. » Les bergères la qualifient de « chemin qui va me mener au centre de moi-même » (Fanny).

Pour d’autres, la quête identitaire prend la forme d’une conquête de soi : il s’agit de repousser ses propres limites, de faire craquer les barrières qu’on s’était imposées. Ce défi rejoint parfois une (re)définition de leur féminité, de leur être femme. Ainsi en témoigne M :

Quand je me suis mise en couple au départ avec S. qui était berger, je me disais que je n’y arriverais jamais ! […] Pour moi c’était un métier beaucoup, beaucoup trop dur. […] Dans ma vie personnelle et en tant que femme, ça m’a vraiment apporté beaucoup. Parce que, quelque part, dans ton éducation en tant que femme, on t’apprend que tu es fragile, que tu ne peux pas trop te débrouiller toute seule… […] J’avais cette sorte d’état d’esprit où j’ai besoin d’un homme pour faire des tas de choses à ma place. Et quand tu es bergère toute seule, eh bien tu te rends compte que tu es forte, que tu n’es pas fragile, aussi bien physiquement que mentalement. […] Ça m’a permis […] de vraiment construire une confiance en moi et de ne plus me sentir fragile et d’avoir conscience que vraiment je suis capable de faire plein, plein de choses.

C’est une conquête de liberté, en fait ?

M. : Complètement. Ah oui, complètement. Et c’est superbe aussi dans ta relation aux hommes, après : de ne plus être avec un homme parce que tu as besoin de lui ! […] Mentalement, ça te libère aussi parce que tu dois prendre des décisions. Tu te rends compte que tu es plus forte, je crois, tu es plus intelligente que ce que tu croyais, tu es plus débrouillarde… […] En tant que femme, je pense que dans notre tête, on a des sortes de barrières que ce métier permet d’éclater.

Être bergère peut donc représenter une très belle expérience de vie ; elle forge la personnalité, l’identité en tant qu’individu et l’identité féminine de ces femmes à la recherche d’elles-mêmes et d’un autre mode de vie que celui du modèle dominant.

1.1.3.     Un mode de vie (par le choix professionnel) alternatif : un engagement politique individuel

Plusieurs raisons semblent être à l’origine d’un tel choix de vie et de profession. D’abord, beaucoup parlent d’un rythme de vie en rupture avec le schéma prédominant de nos sociétés occidentales : le citadin en « costard-cravate » (M.) dont la vie est rythmée par le fameux « métro-boulot-dodo » et qui passe ses journées entre les quatre murs d’un bureau. Même salariées, ce métier leur permet d’être à la fois responsables, indépendantes, sans avoir à subir la pression de la présence d’un patron : É. apprécie « d’être dehors tout le temps, d’être en autonomie, parce que c’est toi qui gères ton planning […]. »D’autres décrivent un mode de vie « où on aurait un peu la paix » et « où on ne serait plus coincé par cette dépendance à la société de consommation. »[7] Dans cette perspective, le rapport au temps s’en trouve modifié : « Je perds complètement la notion du temps quand je suis en alpage. Au bout d’une semaine ou deux […], je ne sais plus quel jour de la semaine on est. Je ne travaille pas par rapport à des dates, par rapport à un calendrier, je travaille par rapport au temps qu’il fait le matin quand je me lève,[…] à l’humeur des brebis… » (Lucie). Et Marine de conclure : « l’alpage et le troupeau apprennent ça : à prendre son temps et à être dans une autre dimension temporelle. » C’est également, lorsqu’on est salarié-e, un moyen de court-circuiter la monotonie d’un travail répétitif, avec la possibilité de faire autre chose d’une saison à l’autre.

Ensuite, toutes parlent d’un cadre de vie en rupture avec ce même schéma et un rapport plus harmonieux à la « nature », par la médiation des animaux : « J’aime comme [les brebis] font connaître les lieux, le relief, j’aime leur rythme avant tout. J’aime cette espèce de contemplation où tu es obligée d’attendre, tu es derrière… Elles te donnent une place, les bêtes. Elles te disent où tu dois être […] » (I.). Ce sentiment d’être ‘en phase’ avec un milieu, d’y appartenir, d’y avoir sa place est cause et effet d’une meilleure écoute de son environnement. Cette réceptivité et cette perceptivité mènent à une sorte d’état contemplatif, à un sentiment de ‘syntonie’.[8]

Ainsi, le réinvestissement du métier serait, consciemment ou non, une démarche politique individuelle, un refus de la société actuelle et de ses valeurs dominantes, des logiques de l’emploi, d’un mode de vie, de la mondialisation… Être berger/ère, c’est une « approche alternative, en marge des cadres institutionnels »[9] ; c’est être dans l’élevage, et non dans la ‘production’ agricole[10] :

S. : Quand tu es berger, tu refuses pas mal de choses ; c’est le refus d’un système, une recherche d’autonomie. L’alpage, ce n’est pas la décroissance, mais pas loin ! Tu perds beaucoup de choses de la vie d’en bas, mais avoir les trucs à la mode, ça n’apporte pas forcément du bonheur. On fait un compromis ; avec moins, on peut se débrouiller et surtout vivre bien.

La ‘mobilité pastorale’[11] propre au métier et l’absence d’attache qui va souvent de pair offrent la possibilité aux bergers et bergères de ne pas agencer leur vie en fonction de leur seul métier, entraînant une plus grande mobilité. Ainsi, « certains mettent à profit ces mois de disponibilité […] pour voyager »[12]. Au lieu d’accumuler du capital pour investir dans des biens matériels, selon le schéma qui prévaut, l’argent est vu comme un moyen, non comme une fin. Notons que ces bergers et bergères restent toutefois des produits de leur époque : tout en refusant ce qu’il y a de contraignant dans la mondialisation, ils profitent de ce qu’elle peut offrir, comme la possibilité de voyager vers des contrées lointaines[13].

1.2. Ce qu’elles apportent au métier

1.1.1.     Une autre approche du métier

Interrogées sur leur rapport à ce métier, les bergères évoquent une pratique différente de celle des hommes et qui leur serait propre. Loin de rejeter les critères occidentaux de la féminité, les bergères refusent qu’ils les définissent toutes entières ou les empêchent d’accéder au titre de berger. Ainsi cherchent-elles des manières d’être femmes qui s’accordent avec leur métier : certaines invoquent des arguments essentialisants, comme l’instinct maternel dans la garde du troupeau, d’autres une autre manière de pratiquer leur métier, plus douce. Marc Mallen rapporte ainsi que :

Si la bergère reconnaît qu’il y a une part de féminité que l’homme sait parfois exprimer, elle considère qu’elle se distingue foncièrement de lui dans ses méthodes d’approche et donc de conduite du troupeau. […] La bergère suit son troupeau et use moins facilement de ses chiens pour le contenir.

D’autres évoquent non pas tant un prétendu instinct maternel que l’influence du règne animal :

C’est pas tant que ça me ramène à la maternité, c’est que ça me ramène au règne animal avec toute la splendeur et la puissance que ça peut avoir. […] Et alors qu’on est dans le monde de l’élevage, qu’on domestique les animaux, qu’on s’en sert à des fins économiques, à gagner nos vies et tout, d’un coup je trouve que c’est ramené au règne animal et d’un coup, on n’a presque plus lieu d’être là. (Marine)

Je rappelle le mot du philosophe anglais Francis Bacon qui disait que la meilleure façon de commander la Nature, c’est encore de lui obéir.

D’autre part, la présence des femmes dans ce corps de métier participe à reforger le métier lui-même, à lui donner une autre image sociale, à en modifier les mécanismes, la configuration, la pratique. Il semblerait que cela profite aussi aux bergers voire à l’ensemble de la communauté rurale. En effet, la montée et la prise en compte de l’activité féminine ont pour conséquence de changer la structure des métiers[14] ; la mixité n’est pas seulement coprésence hommes / femmes mais entraîne des transformations parfois très profondes[15]. Plusieurs spécialistes en agropastoralisme font ce constat, comme Lebaudy et Caraguel, donnant l’exemple d’une meilleure domestication sur le long terme. Ainsi, leur manière de travailler semble être appréciée, voire recherchée :

I. : Dans ce métier, je pense qu’il y a beaucoup d’éleveurs qui préfèrent des bergères : ils se disent qu’elles ne picolent pas, qu’elles sont sérieuses, qu’elles sont au troupeau, qu’elles soignent bien… C’est vrai qu’on soigne pas pareil que les mecs, je pense.

Alice : Ce qui se dit souvent, c’est que les femmes n’ont pas exactement la même façon de travailler que les hommes. […] Comme on n’a pas la capacité physique de faire certaines choses, on cherche des façons détournées pour le faire d’une autre manière. Et il se trouve que très souvent, avec les bêtes, le fait de faire les choses comme ça, moins en force et moins ‘en bourrin’, ça marche aussi bien, voire même mieux dans certains cas.

Cependant, « cette coprésence ne se conjugue pas avec une indifférence à l’appartenance de sexe des personnes concernées »[16]. Ainsi, nombreuses sont les bergères à remarquer et apprécier les gestes de courtoisie et d’attention qu’ont souvent les éleveurs vis-à-vis d’elles :

M. : Quand j’étais bergère toute seule, les éleveurs faisaient des trucs pour moi qu’ils ne faisaient pas forcément pour un homme. Par exemple, pour le bois, à un mec on va donner une tronçonneuse et dire : « débrouille-toi » […] Et moi, ils venaient à plusieurs, me faisaient tout mon bois et quand je revenais de ma journée de garde, ils m’avaient fait tout mon bois. […] Mais c’est clair que depuis que je suis en couple avec S., ils nous donnent la tronçonneuse, et ils disent : « débrouillez-vous pour le bois ! »

Lydie : Quand j’arrivais dans un cabanon en Crau qui était sale, l’éleveur a toujours accepté de repeindre, de me remettre les fenêtres… Ils m’ont toujours fait un minimum.

Cet ensemble d’attentions transforme les conditions de vie et de travail et profite également aux bergers : « la présence grandissante des femmes dans le métier s’exprima en faveur de la profession et non du seul genre féminin : bergers et bergères revendiquèrent ensemble de meilleures conditions de logement, des rémunérations décentes, une reconnaissance de leur métier et une défense de leur profession » (Mallen, 2001). L’exclamation de Lydie en témoigne : « Vous n’allez pas faire habiter un conjoint et des enfants dans un cabanon où il n’y a pas d’électricité, où il n’y a pas d’eau potable et où il n’y a pas le minimum de sanitaire ! » Éline explique en quoi la présence des femmes a permis ces changements : « Tu te fais facilement aider et je pense qu’un mec, il aurait plus de mal à avouer qu’il a mal au dos et qu’il n’a pas envie… » La présence des femmes participe donc à rendre le métier plus praticable, car on leur ‘pardonne’ plus facilement leurs ‘faiblesses’. La pratique du métier, adaptée à leurs capacités physiques et à leur corps, est rendue plus facile aux hommes qui ne pouvaient se permettre de telles revendications. Rappelons tout de même que « ce n’est pas la faiblesse physique des femmes en soi qui était responsable de la grande différence de pouvoir entre les hommes et les femmes et de l’inégalité sociale qui s’en suivait, mais la structure d’une société dans laquelle la force du muscle et les habiletés de combattants remplissaient la fonction sociale la plus importante. »[17] De plus, comme le disait justement M., il s’agit d’une question de « bonne posture » et d’habitus corporel comparables aux postures que l’on enseigne aux infirmières pour soulever, porter ou soigner un malade. Les outils du métier, eux aussi, s’adaptent aux corps des femmes : des chaussures plus légères, des côtes de travail, des outils de contention douce sont élaborés et perfectionnés d’année en année. On remarque parallèlement un essor de l’enseignement des techniques de contention douce, à travers des formations proposées aux bergers, comme celle de la Fédération des alpages de l’Isère, secondée par une littérature prolifique.

En rendant le métier plus praticable, plus accessible et moins astreignant, les femmes l’ouvrent aussi aux personnes non issues du milieu rural ou agricole. En effet, celles-ci peuvent être attirées par ce métier dont les conditions, autrefois, pouvaient les rebuter. C’est en tout cas l’avis d’É. : « On peut monter en couple maintenant parce que les conditions de vie, en alpage, s’améliorent. »

Tous droits réservés

1.1.2.     Un renouveau de la communauté

En France, la population active agricole représente 3,4% de la population active totale en 2007, résultat d’une diminution constante depuis plus de 150 ans. Selon certains auteurs, les femmes ont bénéficié de la dévalorisation des métiers agricoles et de la fuite de la main d’œuvre pour occuper les places vacantes ; elles ont ensuite profité de la revalorisation des montagnes et paysages pastoraux avec le renouveau d’une sensibilisation à l’écologie et au développement durable. Elles se sont alors fait accepter dans le monde pastoral car sont arrivées avant ladite revalorisation, y participant par la suite[18].

Le métier semble retrouver ses lettres de noblesse, en partie grâce aux bergères qui tentent de concilier éléments de « modernité » et « tradition ». Innovant par leur présence en tant que professionnelles, par l’introduction d’outils et de pratiques novatrices, par l’amélioration de l’habitat ou encore du salaire, elles se font également gardiennes de la tradition et font survivre ce métier multimillénaire et en voie de disparition.

Tous droits réservés

Un exemple est à cet égard révélateur : à Saint-Martin-de-Crau, la transhumance fait partie de la culture provençale ; le défilé de la fête de printemps voit ainsi se succéder gardians, arlésiennes, charrettes de foin de Crau, carreto ramado des Alpilles… Et depuis 2008, à l’instigation de deux femmes éleveurs de la commune, ce sont uniquement des bergères qui accompagnent le troupeau, dans un souci de revendication de la place des femmes dans la profession[19]. Fanny exprime cette volonté de rompre avec les « fausses valeurs » de la modernité pour se tourner vers les valeurs et savoirs ancestraux que certains bergers incarnent encore et vers une tradition valorisée, car « la tradition, ce n’est pas de conserver les cendres, c’est d’entretenir la flamme »[20] :

J’ai eu beaucoup de chance parce que pour ma première estive, je suis tombée sur un éleveur sympathique et puis un homme qui, quelque part, appartient encore à l’ancien temps et qui fait partie de ces valeurs sûres et de ces traditions que le monde est en train de perdre. […] Je sens que je vais apprendre énormément de choses avec lui.

Les nouvelles bergères sont souvent diplômées et issues du monde urbain. Elles introduisent alors dans le monde rural des valeurs, des façons de penser, de parler, d’être que l’on pourrait qualifier de citadines. De plus, celles et ceux qui profitent du caractère saisonnier du métier pour voyager importent de leurs voyages d’autres façons de faire, de vivre, de penser. Tout cela transforme peu à peu le monde rural. Le dynamisme, la motivation, la jeunesse de ces bergers et bergères ravivent un monde rural en déperdition et lui donnent un visage nouveau, plus attrayant. La présence de femmes dans le métier est aussi le gage de sa faisabilité auprès des observateurs externes : « Peut-être qu’il y a beaucoup de femmes dans ce métier justement parce qu’il n’y a pas un truc plus féminin ou un truc plus masculin. […] En fait, il n’y a pas une sorte de gens qui peut devenir berger. Tout le monde peut devenir berger ! Il suffit d’en avoir envie. » (M.)

  1. 2.      Berger-Bergère : un métier de choix… mais d’avenir ?

2.1. Une recherche de liberté, au prix de la précarité

Pourquoi donc ces femmes décident-elles d’embrasser la précarité du métier de berger, précarité d’autant plus critique qu’elle s’inscrit dans une période de crise économique depuis 2008 ? Meuret évoque les conséquences de l’industrialisation de l’agriculture en France sur la production et la productivité, et qui évoluent en proportion inverse du nombre d’actifs :

De 1954 à 1992, la production agricole a été multipliée par deux et demi, la productivité du travail agricole par dix et la population agricole a été divisée par quatre. De 3 millions de paysans au début des années 1950, pour la plupart porteurs de savoirs empiriques appris de leurs pères et pairs, on est passé à 600 000 « exploitants agricoles ».

Le gardiennage des troupeaux est devenu obsolète car peu productif ; les parcours[21] devenus inintéressants sont reboisés. Avec la dernière phase de mondialisation des échanges, le prix de la viande a chuté ; rappelons que la moitié des ovins consommés en France est importée du Royaume-Uni et d’Irlande. Le nombre de bergers salariés a ainsi été considérablement réduit depuis cinquante ans, notamment en élevage ovin allaitant. Les éleveurs qui choisissent de ne pas opter pour l’élevage industriel doivent alors diminuer les coûts occasionnés par l’emploi de bergers. Ainsi, plusieurs éléments constituent la ‘précarité’ de ce métier. D’autre part, sur la question de la rémunération, en l’absence de convention collective (comme celle dont bénéficie le département des Hautes-Alpes) il faut pouvoir « négocier » son salaire, souvent un SMIC[22]. Or le salaire proposé n’est, concrètement, pas adapté au nombre d’heures et au contenu du travail effectués. « Au cours d’une saison, nous effectuons une durée de travail mensuelle effective équivalent à 300 ou 340 heures.[23] » Notons que le salaire minimum officiel en France correspond à une durée de travail de 152h/mois. Quant aux jours de congés, les bergers éleveurs peuvent les compter sur les doigts d’une main : « une dizaine de jours en janvier, selon P., bergère-éleveuse, qui ajoute : si on n’avait pas ce copain qui nous remplace on ne pourrait pas partir. »

Et pourtant, ce décalage entre les conditions de travail et le salaire ne semble pas être un sujet de mécontentement car, comme l’explique M. : « Ce n’est pas un métier que tu fais payer à l’heure. Quand tu es berger, tu n’es pas dans cet état d’esprit-là. De toute façon, ce ne serait pas payable ! » Peut-être aussi est-ce l’absence, à notre connaissance, d’un syndicat des bergers et bergères qui rend l’existence d’une quelconque revendication impossible.

Un autre élément de cette précarité est la rudesse des conditions de vie et de travail : encore assez mauvaises, elles ne permettent pas d’accueillir un conjoint non-berger qui risque de refuser de vivre dans ces conditions[24]. Cela pourrait expliquer pourquoi environ la moitié des bergers est célibataire et sans enfant et qu’à quarante ans, beaucoup de bergers et bergères mettent fin à la pratique de ce métier. Les bergères, elles aussi, le remarquent : « la fille, à quarante ans, ça l’arrêtera : c’est de revivre cette vie de bohême à un âge où tu ne le fais plus. » (P.) ; « Quand tu as fait ça pendant dix, quinze ans, au bout d’un moment tu peux avoir envie de te poser, de faire des enfants… A ce moment-là, il y en a pas mal qui deviennent bergers-éleveurs. » (M.)

Et en effet, c’est de toute évidence un métier physiquement éprouvant :

M. : Parfois, tu n’en peux vraiment plus. […] Tu vas avoir une situation où il va y avoir trois jours de pluie consécutifs, or c’est juste pendant ces trois jours-là que [le troupeau se sera divisé], on aura perdu un lot, tu vas devoir les chercher ; c’est à ce moment-là que le berger voisin se sera fait attaquer par un loup et du coup tu as encore plus peur que tes brebis restent toutes seules… Et puis c’est à ce moment-là qu’en marchant tu vas te casser la gueule parce qu’il y a plein de boue partout… Tu t’es levée super tôt parce que tu as voulu essayer de trouver ton lot que tu as perdu, tu as marché et tout… Tu as parfois des situations comme ça où tu as plein de choses qui arrivent en même temps et qui font que, physiquement, tu n’es pas loin de craquer…

Et à É. d’ajouter : « Ce n’est pas évident comme métier et je tire mon chapeau à celles qui sont bergères toute leur vie, parce que c’est usant. »

Un autre aspect de cette précarité est que les connaissances acquises en tant que berger ont une faible reconnaissance institutionnelle[25]. Ainsi, ce métier parfois considéré comme une passerelle, un « passage » (É.), confronte bergers et bergères à la difficulté de réintégrer un cadre institutionnel.

Enfin, les bergères ayant travaillé seules soulignent parfois le poids occasionnel de la solitude inhérente au métier – solitude qu’elles apprécient tout de même la plupart du temps[26]. « Parfois, tu aimerais bien profiter un peu des amis, avoir des vacances ! » (É.) ; « C’est vrai qu’il y a des moments où tu as vraiment envie de causer ! » (M.).

Malgré cette précarité et une actualité qui l’accroît encore, donnant à voir un phénomène de déclassement des jeunes gens[27], n’est-ce pas un paradoxe que de choisir ce métier ? Rappelons de surcroît que beaucoup de ces femmes ont suivi un enseignement supérieur. Une explication possible serait que ces hommes et femmes contrent la tendance en la devançant, non en la subissant. Par le choix de leur métier, ils deviennent acteurs de leur destin et aspirent à être libres – cette liberté qui peut s’exprimer par l’indépendance, la solitude, les grands espaces inhabités comme territoire, l’absence de patron ou toute autre forme de surveillance, une grande liberté de mouvement, une responsabilité par soi-même assumée.

Tous droits réservés

Et parmi les bergères d’aujourd’hui, toutes semblent aspirer à cette liberté :

Fanny : Le caractère précaire, saisonnier de ce métier ne me fait pas peur du tout. Au contraire, je trouve que c’est une grande liberté. Je me dis que ça va me permettre d’agencer ma vie encore plus comme je veux qu’avant.

M. : C’est un métier où il y a beaucoup de liberté, en réalité. Même s’il y a ces histoires de salaire, de négociation, de bazar et tout ça. Mais à part ça, il n’y a personne sur ton dos. Si, peut-être le patron qui va venir de temps en temps voir si tout va bien ; mais je veux dire que c’est toi qui prends les décisions […] Il y a plein de métiers où tu n’es pas libre. Par exemple, l’image que tu dois rendre de toi, on s’en fout, parce que tu es toute seule dans la nature, tu es libre de ton image. […] Les bergers [salariés] n’ont pas de brebis. Ils sont libres aussi, de ce côté-là ! Ils n’ont rien. Et quand tu n’as rien, tu es libre. Donc les bergers en fait ils sont souvent nomades : ils se déplacent en fonction des places qu’ils ont. Souvent, ils n’ont pas de maison. Quand ils sont seuls, ils n’ont pas de maison, pas d’enfant, pas de brebis, pas de biens. Donc ils sont complètement libres, ils font ce qu’ils veulent, ils vont où ils veulent. C’est une liberté. C’est une sorte de précarité aussi, quelque part. C’est un équilibre entre les deux.

Et en effet, malgré le fait que la montagne ne leur appartient pas et que leur travail a une durée limitée, les bergères salariées disent se sentir chez elles, à la manière d’un nomade dans son territoire : « la montagne, j’y vis, je ne fais pas qu’y travailler, j’y vis. […] C’est chez moi. Sans que ça m’appartienne, mais… c’est mon territoire » (Lucie).

2.2. Un métier entre menace d’extinction et renouvellement

À l’heure actuelle, 3/4 de la population française vit dans les villes. « De 1980 à 2007, la population active agricole est passée de 8% à 3,4% de la population active totale. Même dans les espaces ruraux, les agriculteurs sont devenus minoritaires.[28] » Nombreux et divers sont les témoignages de ce qu’Henri Mendras, dès 1967, nommait la « fin des paysans » dans son ouvrage éponyme. La série de films documentaires de Raymond Depardon, réalisée entre 2001 et 2008 intitulée Profils Paysans, témoigne de la détresse d’un monde crépusculaire et de la difficulté de vivre du fruit du travail de la terre aujourd’hui. La proportion des conjointes ayant une profession principale agricole a diminué par trois entre 1988 et 2000[29], diminution semblable chez les hommes. Ce contexte posé, on comprend donc d’autant mieux que « bergère » est un métier que ces femmes choisissent et ne subissent plus comme autrefois.

Selon certaines sources, les femmes représentent 25% des chefs d’exploitation en France, avec une présence plus marquée dans l’élevage[30]. Les enquêtes qualitatives puis quantitatives réalisées par le Cerpam[31] dans la région PACA en 1995 ont, quant à elles, mis en évidence le fait qu’en grande majorité, les éleveurs embauchaient des bergers salariés saisonniers assez jeunes (entre 25 et 45 ans), dont la tranche d’âge 25-35 ans en constituait plus des trois quarts, en grande majorité des hommes, originaires du monde urbain. De fait, six de nos sept bergères avaient la trentaine. Elles étaient aussi, pour la plupart, issues d’un autre milieu social et d’autres provenances géographiques. Rieu constate, elle aussi, une augmentation significative de l’installation en agriculture de personnes non issues du milieu agricole : « Les chiffres du dernier recensement agricole indiquent que les élèves de l’enseignement agricole issus de familles d’agriculteurs exploitants ne représentent plus que 21% des effectifs contre 42% en 1985. » Si l’institutionnalisation des savoir-faire a permis aux femmes de se professionnaliser et d’acquérir le statut de bergères à part entière[32], elle constitue également une porte d’entrée dans le monde agricole pour des citadins désireux de changer de paysage, de métier, de mode de vie. Ainsi à l’Ecole du Merle, les promotions de 1995-2001 comptaient entre 30 et 40% de femmes, l’âge moyen étant compris entre 25 et 35 ans[33]. On peut en déduire qu’il s’agit là d’un réel choix professionnel, la tranche d’âge majoritaire nous indiquant que beaucoup des élèves sont en « reconversion » ou se spécialisent s’ils viennent d’une formation agricole. C’était le cas de M. qui était étudiante en photographie à Bruxelles, d’Is., doctorante en sociologie à la Sorbonne, d’É., diplômée en activités d’extérieur (sport et nature), etc. « Celles qui font l’école de bergers, en principe, elles ne sont pas filles d’éleveurs, parce qu’une fille d’éleveurs […] a déjà toutes les bases. Elle va faire un lycée agricole pour pouvoir s’installer après, avoir droit aux primes. » (P.).

C’est aussi la preuve que le métier est en accord avec son temps, que ce n’est pas un métier désuet ni obsolète, mais éminemment « moderne »[34] : « C’est des gens comme toi et moi. On vit avec notre temps. Ce n’est pas parce qu’on fait un métier qui est un peu en marge et qui est un très, très vieux métier, qu’on n’a pas suivi l’évolution ! » (É.). De plus, la présence des bergers-bergères est appréciée : l’interface privilégiée de la rencontre avec ceux qui sont étrangers au métier, c’est la montagne. Les promeneurs ou « touristes » semblent apprécier la présence du berger et/ou de la bergère avec son troupeau et faire leur rencontre. Ces derniers font de la montagne un lieu habité, accueillant, plein de vie.

Ainsi, on peut se demander si cette revalorisation, tant de l’image du métier par ceux qui l’incarnent que de sa pratique et du mode de vie qui l’accompagne, ne pourrait pas participer d’un « regain »  du monde rural. Ce nouveau visage du métier de berger, jeune, dynamique, féminin, « moderne » et en phase avec les tendances de son époque (écologie, développement durable, décroissance éventuellement…) pourrait alors participer non seulement de l’interruption de la désertification des campagnes, mais aussi d’un mouvement inverse de réinvestissement. Ainsi, on note qu’en France, la population rurale a augmenté de 9% entre 1999 et 2007, tandis que celle des villes progressait de 4,6%. Et selon un sondage Ipsos de 2011, un citadin sur quatre âgé de 25 à 49 ans déclarait vouloir quitter sa ville pour un village. Ce choix peut être initié par l’envie de prendre un nouveau départ (pour 38% des sondés), par le souhait de retrouver ses racines (25%) ou par celui de vivre dans une région que l’on aime (24%). Berger-bergère serait-il alors un métier d’avenir ?

Conclusion

Les raisons de la perpétuation du métier sont autant éthiques qu’identitaires et écologiques : le travail du berger et de la bergère entraîne la valorisation des ressources locales ; il permet également un équilibre de vie et la réaffirmation de valeurs à contre-courant de l’élevage industriel, mu par le seul impératif de rentabilité, qui tend à nier la dignité animale et à mettre en danger la nature. Bergers et bergères montrent, à l’inverse, la possibilité de sauvegarder ou de renouer avec un rapport ancien plus respectueux des animaux et de la nature. Malgré tout, la « passion du métier » n’est pas un rempart suffisant contre la mondialisation des échanges, la transformation rapide des usages et fonctions des espaces agricoles et naturels[35], ou encore la précarité de l’emploi, des conditions de travail et de vie. Le métier de berger demeure un métier menacé d’extinction ; dans beaucoup de pays, il n’existe déjà plus. L’enjeu politique est alors de reconnaître au pastoralisme la pluralité de ses valeurs, le caractère irremplaçable de ses fonctions, comme celle de contribuer à la conservation de la biodiversité ou à l’entretien des montagnes et de ses paysages. Il est donc essentiel de revaloriser les fonctions du berger et de la bergère ; leur pratique doit être réhabilitée et l’accent mis sur la nécessité de leur travail, dans un contexte de prise de conscience du caractère fragile et périssable des ressources et paysages naturels. Nous terminerons donc cet article en joignant notre voix à celle de Pierre Mélet qui écrit que « tant qu’il y aura des bergers, le monde n’aura pas tout à fait basculé et il y aura encore de l’espoir. »

par Tara B.

Texte et photos: tous droits réservés 

“Il Existe Encore Des Bergères”

Georges Brassens

Il existe encor des bergères
Qui promènent leurs blancs moutons
Elles ont la taille légère
Et un vieux bâton.Malgré le règne des machines
Dans certains villages cachés
Un vieil ânon courbe l’échine
En grimpant les sentiers perchés.
Et dans les prés sur l’herbe verte
Le voyageur fait tout à coup
La plus heureuse découverte :
Une bergèr’ aux yeux très doux.Il existe encor des bergères
Qui surveillent leurs blancs moutons
Elles ont la taille légère
Et un vieux bâton.

Celle que je vis aux semailles
Avait robe court’ et corset
Coiffée d’un grand chapeau de paille
Elle était faite., Dieu le sait
Surveillant le troupeau qui bêle
Un barré gris fort inquiétant
M’empêchait d’approcher la belle
En découvrant toutes ses dents.

Il existe encor des bergères
Qui surveillent leurs blancs moutons
Elles ont la taille légère
Et un vieux bâton.

Mais je devins ami quand même
De la bergèr’ et de son chien
D’la bergèr’ en disant : “Je t’aime”
Du chien en ne lui disant rien.
Il suivait, l’oreille en bataille,
Le croc blanc, les moutons frisés
Dévorant le chapeau de paille
Victime de nos doux baisers.

Il existe encor des bergères
Il existe encor des moutons
Et des aventures légères
Dans tous les cantons.

Ouvrages cités

Revue L’Alpe, « la montagne au féminin », juillet-septembre 2001, n°12, Glénat.

BAUMONT I., Berger, un authentique métier moderne, mémoire de recherche de Master 2 (dir. HIRSCHHORN M.), 2005, Université Paris V.

BRISEBARRE A.-M., FABRE P., LEBAUDY G. (dir.), 2009, Actes Colloque 2008, Sciences sociales, in Regards sur le pastoralisme contemporain en France. Pastum hors-série. AFP, MdT et Cardère éditeur, Laudun.

CARAGUEL B., LEBAUDY G., Un berger, des bergères… Nouveaux enjeux d’un métier en mutation, 2010, Alpes.

CHANVALLON S., « Les relations humains/animaux. De l’espace protégé à l’espace partagé, une géographie physique et sensible », janvier 2013, in Carnets de géographes, n°5, rubrique Carnets de recherches.

DAHACHE S., RIEU A., « Profession agricultrice : l’invention d’un management agricole et domestique singulier », 2007, in Sociologies pratiques, n° 14, pp. 45-57.

DARES étude, « L’accès des femmes aux métiers: la longue marche vers l’égalité professionnelle », juillet 2004.

DEPARDON R., Profils Paysans, 2001-2008.

DUBAR C., La socialisation : construction des identités sociales et professionnelles, 1991, Collection U- sociologie, Armand Colin, Paris.

ELIAS N., « Les transformations de la balance des pouvoirs entre les sexes. Etude sociologique d’un processus à travers l’exemple de l’Etat romain antique », 2000, in Politix, vol 1, 3, n°51.

FERRET C., LACAZE G., STÉPANOFF C., THOREZ J., Nomadismes d’Asie Centrale et Septentrionale, 2013, Armand Colin, Paris.

GÉTREAU L., Bergères à l’estive, 2004.

GIONO J., Regain, 1930, Grasset.

GIRARD L., « Les femmes creusent leur sillon en agriculture », 26 février 2013, un article du Monde.

GUICHARD-CLAUDIC Y., KERGOAT D., VILBROD A. (dir.), L’inversion du genre. Quand les métiers masculins se conjuguent au féminin… et réciproquement, 2008, PUR, Rennes.

HUGUES E., Le Regard sociologique – Essais choisis, 1997, p. 76.

MALLEN M., article sans nom, juillet-septembre 2001, in L’Alpe, « la montagne au féminin », n°12, Glénat.

MÉLET P., Tant qu’il y aura des bergers, 1980, Les Bergers Alpins.

MENDRAS H., La fin des paysans, 1967, SEDES, Paris.

MEURET M., Un savoir-faire de berger, 2010, Quae.

PORCHER J., Vivre avec les animaux. Une utopie pour le XXIe siècle, 2011, La Découverte.

RIEU A., « Agriculture et rapports sociaux de sexe. La ‘révolution silencieuse’ des femmes en agriculture », 2004, in Cahiers du genre, n°37.

SELLIN V., Allemagne quinze ans après la réunification, 2005, C.F. Müller.

Sources

MAZENQ A.-L., entretien avec Alice Chenal pour l’émission Radio Estives n°1, 2012, production Maison du Berger.

GÉTREAU L., Bergères à l’estive, 2004.

Entretiens réalisés personnellement entre le 21 et le 29 août 2012 auprès de cinq bergères de la région du Haut-Var.

Références
[1] Selon le titre d’un roman de Jean Giono.

[2] E.C. Hughes, 1996.

[3] C. Dubar, 1991.

[4] A. Rieu, 2004.

[5] Données de la Statistique Agricole Annuelle (SAA), Agreste, 2002.

[6] S. Dahache, A. Rieu, 2007.

[7] Une bergère interrogée par M. Meuret, 2010.

[8] S. Chanvallon, 2013.

[9] G. Lebaudy, B. Caraguel, 2010.

[10] J. Porcher, 2011.

[11] C. Ferret et al., 2013.

[12] G. Lebaudy, B. Caraguel, 2010.

[13] ibidem

[14] Étude DARES, 2004.

[15] D. Kergoat et al., 2008.

[16] Ibidem.

[17] N. Elias, 2000.

[18] M. Mallen, 2001.

[19] A.-M. Brisebarre et al., 2008.

[20] J. Jaurès cité par V. Sellin, 2005.

[21] Selon le TLFI, le parcours est un « terrain clôturé où l’on fait paître les troupeaux en vertu de ce droit, même s’ils ne trouvent pas de quoi s’alimenter » ; et par extension : « tout terrain, y compris les terrains forestiers, qui produit du fourrage naturel (par opposition à la forêt cultivée pour obtenir des produits agricoles, ou à la forêt dense) ».

[22] Salaire Minimum Interprofessionnel de Croissance.

[23] Propos du président de l’Association des Bergers et Vachers des Hautes-Alpes recueillis par Estrosi et Spagnou, 2003 et cités par Meuret, 2010.

[24] Meuret, 2010.

[25] G. Lebaudy, B. Caraguel, 2010.

[26] Voir aussi les témoignages de Fanny et Lucie à ce sujet dans le film documentaire de Luc Gétreau, Bergères à l’estive, 2004.

[27] Le « déclassement » des jeunes gens désigne le décalage entre le niveau d’études (plus élevé) et la profession exercée (nécessitant une qualification moins importante que celle dont on a possession). Je m’appuie ici sur le cours de Delphine Dulong, docteure et maître de conférence en science politique à la Sorbonne, intitulé « Transformations des sociétés contemporaines », année universitaire 2012-2013.

[28] Données 2010 de l’Insee, thème « Exploitations agricoles », site web consulté le 17 mai 2013.

[29] Résultats SAA, Agreste 2001 cités par A. Rieu, 2004.

[30] « Les femmes creusent leur sillon en agriculture », un article de Laurence Girard pour Le Monde, 26 février 2013.

[31] Centre d’Études et de Réalisations Pastorales Alpes Méditerranée.

[32] Une evolution que j’ai abordé dans mon travail de mémoire cité en introduction.

[33] M. Mallen, 2001.

[34] Isabelle Baumont titre son mémoire de Master 2 ainsi : « Berger : un authentique métier moderne. »

[35] M. Mallen, 2001.

One thought on “Bergères: bergers de demain ?

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out / Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out / Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out / Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out / Change )

Connecting to %s