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Résumé des principaux événements à venir – France, Belgique, Suisse

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SOMMAIRE :
1 – COLLOQUES :
• “Le genre au cœur de la classe sociale. Travail des femmes et idéologie du genre dans la formation de la bourgeoisie”, 5 mars, Paris
• “Intersectionnalité et colonialité : débats contemporains”, 28 mars, Paris Diderot
• Frédéric Regard, “Féminisme et prostitution dans l’Angleterre du XIXe siècle : la croisade de Josephine Butler”, 20 février, Paris
• “Le féminisme au filtre de la mémoire”, 21 février, Toulouse 2
• “Femmes, Travail et Inégalités”, 10 mars, Bruxelles
• “Le genre à l’épreuve de l’idéal. Approches pluridisciplinaires de la mise en image des corps”, 25 mars, Toulouse 2
2 – SEMINAIRES :
• “Genre et Europe”, Paris
• “Séminaire Sextant” , Bruxelles
• Violaine Tisseau, Jennifer Cole, “Couples mixtes et métissage : quand la (re)définition des rapports sociaux de genre passe par l’étranger”, 17 février, EHESS
• Joyce Outshoorn, “An untamed problem: the efficacy of prostitution policies”, 19 février, Bruxelles
• “Une femme présidente : le genre dans la campagne électorale au prisme médiatique”, 20 février, Bordeaux 2
• “Sexage en recomposition ? Le cas des travailleuses domestiques résidentes au Canada”, 20 février, Paris Pouchet
• Isabelle Ehrhart-Duffo, “La prise en compte des questions du genre dans les opérations militaires de l’OTAN. Présentation du rapport d’évaluation de la prise en compte des questions du genre au sein de l’ISAF et de la KFOR”, 21 février, Paris Diderot
• “Arts et littérature. Études sur les femmes, le sexe et le genre”, 7 mars, Lille 3
• Geneviève Cresson, “Le monde de la petite enfance et le sexisme dans la socialisation”, 13 mars, Lausanne
• “Les rapports sociaux de genre, race et classe dans les représentations médiatiques et la médiatisation”, 14 mars, Paris Pouchet
• “Performances de genres : rôles sexués, images, narrations”, 17 mars, Paris
 3 – APPELS A CONTRIBUTIONS :
• Avant le 19 février, “Work in Progress en Etudes Genre”, Lausanne
• Avant le 20 février, “De Pasolini à Cameron Mitchell et Garréta, en passant par Guibert et Tondelli: le point de vue Queer en littérature et au cinéma”, Louvain
• Avant le 21 février, “Les LGBTQI dans la recherche et la production culturelle”, Namur
• Avant le 1er mars, “Violette Leduc”, Paris
• Avant le 10 mars, “Une affaire de famille ? Parents (ou parenté)  et politique en Afrique contemporaine”, Bordeaux
• Avant le 13 mars, “Défi genre. Le genre à l’interface des sciences”, CNRS
• Avant le 15 mars, “Négocier l’articulation des temps sociaux”, Paris
• Avant le 28 mars, “Les normes corporelles comme enjeu d’altérité”, Nice
• Avant le 1er septembre, “Être femme en Afrique subsaharienne : la fin des « cadets sociaux » ?”, Recherches féministes
• “Penser l’intersectionnlité”, revue ¿ Interrogations ?
• “Penser le genre en contexte postcolonial”
4 – EN LIGNE :
• Pétition “Les études de genre, la recherche et l’éducation : la bonne rencontre”
• Pour le RING, “Le genre, un outil pour l’égalité”, Mediapart, 6 février
• Lucie Delaporte, “Circulaires, manuels, livres: les ministères censurent le mot «genre»”, Mediapart, 6 février
• Collectif, “Désolante capitulation gouvernementale”, Le Monde, 6 février
• nouvelobs.com, “Genre et théorie : Judith Butler nous écrit”
• CLASCHES, “Guide sur le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche”
• Vacarmes, “History trouble. Entretien avec Joan W. Scott”
5 – PUBLICATIONS :
• Leonore Davidoff, Catherine Hall, Family Fortunes. Hommes et femmes de la bourgeoisie anglaise (1780-1850)
• Frédéric Regard (ed.), Féminisme et prostitution dans l’Angleterre du XIXe siècle : la croisade de Joséphine Butler
• Anne-Marie Sohn (ed.), Une histoire sans les hommes est-elle possible ? Genre et masculinités
• Pinar Selek, Service militaire en Turquie et construction de la classe de sexe dominante. Devenir homme en rampant
• Africultures, “Homosexualités en Afrique”
• Colette Pipon, Et on tuera tous les affreux. Le féminisme au risque de la misandrie (1970-1980)
• Béatrice Damian-Gaillard, Sandy Montañola et Aurélie Olivesi (dir.), L’assignation de genre dans les médias. Attentes, perturbations, reconfigurations
• Dominique Meurs, Hommes/femmes. Une impossible égalité professionnelle ?
• Recherches féministes, “Femmes et vieillissements : nouveaux regards, nouvelles réalités”
• Charlotte Debest, Magali Mazuy, “Rester sans enfant : un choix de vie à contre-courant”
• Collectif, Glossaire Du Féminisme

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1  - COLLOQUES :

• “Le genre au cœur de la classe sociale. Travail des femmes et idéologie du genre dans la formation de la bourgeoisie
Débat organisé par le MAGE
Mercredi 5 mars, de 17h à 20h
Amphithéâtre Durkheim – Sorbonne, galerie Claude Bernard, Esc. I, 54 rue Saint-Jacques, Paris
En présence de Catherine Hall, co-auteure de Family Fortunes. Hommes et femmes de la bourgeoisie anglaise 1780-1850
Programme :
Ouverture par Margaret Maruani, directrice du Mage et de la revue Travail, genre et sociétés, et Fatima Lalem, adjointe au Maire de Paris, en charge de l’égalité entre les femmes et les hommes
Avec la participation de
Catherine Hall, DanièleKergoat, EleniVarikas, MichèleZancarini-Fournel
Débat
introduit et animé par Isabelle Clair, sociologue, CNRS-CRESPPA/GTM
Contact :
mage.cnrs@shs.parisdescartes.fr

• “Intersectionnalité et colonialité : débats contemporains
Colloque international organisé par le CEDREF, avec le soutien de la Fédération RING
Université Paris 7-Diderot
Vendredi 28 mars 2014
9h30-18h
Salle des thèses (Bâtiment la Halle aux Farines, 5ème étage)
Programme provisoire :
Matin: 9h30-13h
Présidente de séance : Azadeh Kian (Sociologue, Université Paris 7-Diderot)
Intervenantes :
Patricia Hill Collins (Sociologue, University of Maryland)
Nacira Guénif Souilamas (Sciences de l’éducation, Université Paris 8) (à confirmer)
Claudia Pons Cardoso (Université Fédérale de Bahia, Brésil)
Sirma Bilge (Sociologue, Université de Montréal)
Discutante : Danièle Kergoat (Sociologue, Directrice de recherche émérite au CNRS) (à confirmer)
Après midi:14h30-17h
Présidente de séance: Mercedes Yusta (Historienne, Université Paris 8)
Intervenantes:
Madina Tlostanova (Philosophe, Academy of National Economy and Public Administration, Moscou)
Paola Bacchetta (Etudes genre, Université de Berkley)
Nivedita Menon (Politiste, Jawaharlal Nehru University, Delhi)
Fatima Aït el Madani (Anthropologue, Université Mohamed V-Soussi Rabat) et Nasima Moujoud (Anthropologue, Université Pierre Mendes-France, Grenoble)
Discutante: Jules Falquet (Sociologue, Université Paris7- Diderot)
17h-18h Discussion générale
Contact :
azadeh.kian@paris7.jussieu.fr

• Frédéric Regard, “Féminisme et prostitution dans l’Angleterre du XIXe siècle : la croisade de Josephine Butler
Conférence-débat organisée par l’Institut du Genre et le Columbia Global Center de Reid Hall
Jeudi 20 février, 18h30-20h30
Reid Hall, 4 rue Chevreuse, 75006 Paris.
Avec la participation de :
Michel Prum, professeur de civilisation britannique, histoire des idées, université Paris 7
Anne-E. Berger, professeure de littérature française et d’études de genre, université Paris 8
Présentation :
   Cet ouvrage est une introduction à la vie et à l’oeuvre de l’Anglaise Josephine Butler (1828-1906), qui précipita une révolution du regard porté sur la prostitution à l’époque victorienne. Cette féministe largement méconnue fut la fondatrice en 1869 de la Ladies National Association, dont le but était d’obtenir l’abrogation des « lois sur les maladies contagieuses », dispositif qui faisait porter l’entière responsabilité de la propagation de la syphilis dans les armées de l’Empire britannique sur les prostituées. Lorsque les lois furent finalement abrogées en 1886, c’est tout le rapport au corps de la femme qui avait été redéfini.
Ce livre met à la disposition du lecteur des traductions des textes majeurs de cette grande féministe, dont la pensée se déploie à la croisée de la sociologie, de l’économie, de la mé- decine et de la théologie. Ces textes ne furent jamais réunis en un ouvrage majeur, car ce sont pour beaucoup des transcriptions de conférences données lors de tournées de mobi- lisation de l’opinion publique dans les villes anglaises. Les traductions proposées ici sont précédées d’un essai critique, où les liens de Josephine Butler avec la littérature populaire sont également analysés : le mélodrame lui offrit l’occasion de redéfinir les responsabilités de chacun ; sa passion pour les enquêtes et le journalisme d’investigation jeta les fonde- ments d’une forme nouvelle, le detective novel.
Contact :
isabelle.pastor-sorokine@mshparisnord.fr

• “Le féminisme au filtre de la mémoire
Journée d’étude FRAMPESPA (thématique 4) et GEDI (axe 5)
Vendredi 21 février 2014
10h-17h – salle D 31, Maison de la Recherche, Toulouse 2
Présentation :
   Si le mouvement féministe a longtemps été négligé par le récit historique, les féministes ont adopté des stratégies diverses pour transmettre la mémoire de leurs actions et de leurs positions. Le mouvement étant très divers et souvent divisé, ces stratégies ont-elles-mêmes été différentes et parfois opposées. Par ailleurs, d’autres mouvements et d’autres acteurs (les médias en premier lieu) ont également produit des visions mémorielles, parfois hostiles, parfois sympathisantes. C’est cette diversité liée à la mémoire du féminisme que nous voudrions explorer.
Programme :
   Matinée 10h-12h30 – Salle D 31 (Maison de la Recherche)
> Christine Bard, (Pr, Université d’Angers, Cerhio)
Mémoire faible, histoire forte ? La deuxième vie de la première vague
> Sylvie Chaperon, (Pr, UTM, Framespa) : Les usages mémoriels de Beauvoir : le centenaire (2008)
Après-midi, 14h-17, salle D 31 (Maison de la Recherche)
> Caroline Goldblum, (doctorante UTM, Framespa)
« Françoise d’Eaubonne (1920-2005), une militante et théoricienne féministe oubliée »
> Marion Charpenel, (Doctorante IEP de Paris, Centre d’études européennes) « Les origines du MLF, conflit de mémoires et mémoire des conflits. »
> Floris Taton (doctorante, Université d’Angers, Cerhio)
« Raviver la mémoire des performances féministes : les recréations d’œuvres. »
Infos :
http://framespa.univ-tlse2.fr/actualites/axes-thematiques/acteurs-societes-et-economies/le-feminisme-au-filtre-de-la-memoire-280309.kjsp

• “Femmes, Travail et Inégalités
Conférence
10 mars 2014, Salle Dupréel, Bâtiment S
44 avenue Jeanne, 1050 Bruxelles
Programme :
14h: Ouverture
> Didier Viviers, Recteur de l’ULB: Bilan des politiques d’égalité de genre à l’ULB
> Danièle Meulders, ULB, DULBEA, MAGE: Présentation du nouveau master en sciences du travail à finalité « Genre et inégalités »
> Margaret Maruani, CNRS et Université Paris Descartes – CERLIS, directrice du réseau « Marché du travail et genre – MAGE »: Les femmes sont partout, l’égalité nulle part
> Jacqueline Laufer, HEC Paris, MAGE: Le plafond de verre
> Fatiha Talahite, CNRS, CRESSPA, Paris: Genre et marché du travail au Moyen-Orient et en Afrique du Nord
Conclusions par Pascale Vielle, UCL, CIRTES
Contact :
e-mail: sile.odorchai@ulb.ac.be

• “Le genre à l’épreuve de l’idéal. Approches pluridisciplinaires de la mise en image des corps
Journée d’études organisée par Natacha Baboulène-Miellou et Jeanne Teboul (LISST-CAS)
25 mars 2014
9h30-17h15 Université Toulouse II – Le Mirail, Salle OBM2
Présentation :
   Traditionnellement investi par les historiens de l’art, l’objet image est devenu, depuis quelques décennies, transversal aux sciences humaines et sociales qui s’en sont emparées pour le mettre en perspective avec leurs propres problématiques. Multipliant les angles d’approche, ces travaux ont contribué à apporter un éclairage inédit sur la question du genre et le rapport au corps. En cristallisant des représentations collectives, l’image offre un champ d’investigation pertinent pour saisir les manières dont s’élaborent le féminin et le masculin, d’autant plus dans des sociétés où les images se multiplient et se diffusent sur des supports divers, réels ou virtuels.
Cette journée s’inscrit dans cette perspective en proposant d’axer la réflexion sur la thématique de l’idéal. Le masculin et le féminin sont en effet sans cesse réinventés, fantasmés, rêvés donnant ainsi lieu à des productions d’images multiples qui, au-delà de leur diversité, ont valeur de référence. A ce titre, celles-ci peuvent faire l’objet d’appropriations et ainsi être à l’origine de nouvelles images. Autrement dit, la réflexion s’axera sur l’élaboration des images de l’idéal et les manières dont ces dernières contribuent à (ré)inventer du masculin et du féminin.
Lors de cette manifestation, deux domaines de création seront privilégiés : celui des arts pris dans un sens large (peinture, danse, photographie, cinéma) et celui du politique à travers l’analyse de figures nationales, raciales et révolutionnaires, l’objectif étant de faire dialoguer les images d’hier et d’aujourd’hui par une mise en perspective pluridisciplinaire.
Programme :
   Matinée Les arts, « maîtres » de l’idéal
Introduction (9h30-9h45)
> Virginie Valentin (9h45-10h25) (Docteure en anthropologie sociale et historique, EHESS) D’une image, l’autre : s’approprier l’étrangeté féminine par la pratique de la danse amateur
> Ghislain Tranie (10h25-11h05) (Docteur en histoire moderne, Centre Roland Mousnier, Université Paris-Sorbonne) Deux visions d’un féminin idéal « encadré » à l’automne de la Renaissance : Gabrielle d’Estrées et l’une de ses sœurs et les Cholmondeley Ladies
> Alexie Geers (11h30-12h10) (Doctorante en histoire visuelle, Lhivic, EHESS) Marie-Claire ou l’érotisation du féminin. La star comme modèle de féminité
Discussion – clôture de la matinée (12h10-12h30)
Après-midi L’incarnation de l’idéal politique
> Maite Mendez Baiges (14h-14h40) (Professeure d’art contemporain, Universidad de Málaga, HAR2011-022541 L.H.A.C.P.G., Ministerio de Economía e Innovación)
14h 17h15 Militantisme révolutionnaire et idéaux de féminité
> Marie Peretti (15h40-16h20) (Docteure en sociologie, CADIS, EHESS) Esthétisation de la violence et rapports sociaux de genre. L’image de la virilité en Corse aujourd’hui
> Carmen Diop (16h20-17h) (Doctorante en sciences de l’éducation, EXPERICE, Université Paris 13 Villetaneuse) Trois femmes africaines sur le web : “corps-image” et stéréotypes
La légendaire “beauté espagnole” à l’épreuve de l’idéal
> Sidonie Verhaeghe (14h40-15h20) (Doctorante en sciences politiques, CERAPS, Université de Lille 2) La légende de Louise Michel par l’image.
Conclusion (17h-17h15)
Contacts :
natachababoulene@yahoo.fr
teboul.jeanne@gmail.com

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2 – SEMINAIRES :

• “Genre et Europe
LabEx « Écrire une histoire nouvelle de l’Europe » – axe « Genre »
Année 2014
Équipe de l’axe 6 : Anne-Laure Briatte-Peters, Delphine Diaz, Ariane Jossin, Yannick Ripa, Régis Schlagdenhauffen, Françoise Thébaud, Fabrice Virgili.
Présentation :
   D’une approche depuis peu reconnue, le genre a fort à faire avec l’Europe. Que l’on considère le continent comme espace politique, comme un marché ou une aire culturelle, les rapports entre les sexes sont constitutifs de la définition de cet espace comme des divisions en son sein. L’équipe de l’axe 6 du LabEx « Écrire une histoire nouvelle de l’Europe », fédération de laboratoires des Universités Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Paris IV-Sorbonne, Nantes et de l’École des chartes, consacre ses travaux à une histoire genrée de l’Europe. L’axe « Genre » développe ses réflexions autour de deux principaux axes : penser et construire l’Europe ; être Européen.ne.s et vivre l’Europe. En organisant ce premier cycle de conférences en partenariat avec le Conservatoire national des arts et métiers et l’Institut historique allemand de Paris, nous voulons réfléchir cette année à trois thématiques placées au centre de nos travaux sur l’histoire des femmes et du genre : les pratiques religieuses, les révolutions européennes, et la question de la prostitution et de la traite.
Programme :
- Séance 1 – Genre et pratiques religieuses en Europe
Mardi 25 février 2014, Cnam, Paris, 17 h – 19 h (accès 21, salle 1.08)
> Fabio Giomi (Central European University), « L’islam dans l’Europe balkanique des xixe et xxe siècles : une lecture genrée ».
> Anthony Favier (Sciences Po Paris), « Genre et religion catholique en Europe au xxe siècle ».
Discussion animée par Florence Rochefort (CNRS)
- Séance 2 – Le genre des révolutions européennes : l’exemple de 1848
Jeudi 3 avril 2014, Institut historique allemand, Paris, 15 h – 17 h
> Gabriella Hauch (Université de Vienne), « Femmes et rapports de genre dans les révolutions de 1848-1849 » (intervention en allemand, traduction simultanée en français).
Discussion animée par Sylvie Aprile (Université de Lille III).
- Séance 3 – Prostitution, traite, abolitionnisme en Europe
Jeudi 5 juin 2014, Institut historique allemand, Paris, 18 h – 20 h
> Yannick Ripa (Paris 8 – LabEx EHNE), « De la traite des blanches à la traite des êtres humains en Europe ».
Discutant-e à préciser.
Contact :
delphine.diaz@paris-sorbonne.fr

• “Séminaire Sextant
Genre et Sexualité à l’ULB
Les séminaires ont lieu de 12h30 à 14h
En la salle Doucy de l’Institut de Sociologie (Bâtiment S, 12e étage)
Avenue Jeanne, 44 – 1050 Bruxelles
Coordination: David Paternotte & Valérie Piette
Programme :
. Jeudi 20 février
Maïté Maskens (Laboratoire d’anthropologie des mondes contemporains-LAMC)
« Screening for Romance in Brussels’s Immigration Office »
. Lundi 24 mars
Sophie van der Dussen (METICES)
« La situation des femmes politiques en Belgique »
. Mardi 22 avril
Adelaïde Remiche (Centre de droit public)
« Penser la diversité de genre dans la magistrature »
. Lundi 12 mai
Sophie Croiset (Faculté de Philosophie et Lettres)
« Fracture et diversité chez Nina Bouraoui et Ling Xi : culture, genre et transidentité »
. Lundi 2 juin
Laura Di Spurio (SAGES)
« Quelle libération sexuelle pour les jeunes filles/ragazze ? Approche comparée des « jeunes filles » au cours la « révolution sexuelle » des années 1960 et 1970 en Belgique et en Italie »
Contact :
David.Paternotte@ulb.ac.be

• Violaine TisseauJennifer Cole, “Couples mixtes et métissage : quand la (re)définition des rapports sociaux de genre passe par l’étranger
Séance du séminaire Dynamiques du genre en Afrique
Séminaire Institut des Mondes Africains (IMAf) 2013-2014
Organisé par Emmanuelle Bouilly, Sylvia Bruzzi, Alice Degorce, Anne Doquet, Véronique Duchesne, Anne Hugon, Agnès Lainé, Marianne Lemaire, Aïssatou Mbodj-Pouye, Ophélie Rillon, Violaine Tisseau
17 février, 14h à 17h
à l’EHESS, salle 3, 105 Bd Raspail
Résumé :
   A travers des exemples malgaches, cette séance s’intéressera à la manière dont les unions entre étrangers et Malgaches peuvent conduire à redessiner les relations de genre entre hommes et femmes dans divers domaines : indépendance économique, nationalité, positionnement dans la famille, etc. … Le genre n’est alors qu’une catégorie d’analyse qu’il convient de croiser avec d’autres variables.
 Contact :
silviabruzzi@yahoo.it

• “Les mouvements des femmes en Iran et au Tadjikistan entre mobilisation de classe et institutionnalisation
Séance du Séminaire “Genre et Globalisation
17 février 2014
de 16 h à 19 h (EHESS, salle 6, 105 bd Raspail 75006 Paris)
Avec :
Azadeh Kian (professeure de sociologie, CEDREF-CSPRP Université Paris 7 Diderot))
Lucia Direnberger (sociologue, CEDREF-CSPRP  Université Paris 7 Diderot)
http://www.ehess.fr/fr/enseignement/enseignements/2013/ue/609/

• Joyce Outshoorn, “An untamed problem: the efficacy of prostitution policies
Conférence organisée par le groupe Genre et politique de l’Association belge francophone de science politique
   Mercredi 19 février, 18-20h
ULB, Institut de Sociologie, Salle Henri Janne (15e étage)
Avenue Jeanne 44, Bruxelles
Abstract :
   Prostitution is an untamed problem for policy makers. It takes many different forms, ranging from streetwalking to high class escort services, and is marked by contesting definitions (Is it sex work? Is it sexual oppression? Is it an issue of public order ?) Each of these problem definitions leads to very different policies in European countries, such as regulation, abolition or criminalization of the client. In this lecture I shall examine current debates on the issue and argue that most policies are not effective in countering the negative aspects of prostitution and have unintended effects, such as damaging sex workers’ rights and supplanting one form of prostitution by another.
Biography :
Joyce Outshoorn is Professor Emeritus of Women’s Studies at the University of Leiden, where she is affiliated to the Institute of Political Science. She is editor of The Politics of Prostitution (2004) and, with Johanna Kantola, Changing State Feminism (2007). Her work has been published in Public Administration Review, Social Politics, Acta Politica, Journal of Comparative Public Policy and European Journal of Women’s Studies. She was co-convenor of the Research Network on Gender Politics and the State (RNGS) and one of the project leaders of the Feminism and Citizenship (FEMCIT) project. Her research interests are women’s movements, women’s equality policy, and body politics, notably abortion and prostitution.
Contact :
Sophie.Van.Der.Dussen.De.Kerstergat@ulb.ac.be

• “Une femme présidente : le genre dans la campagne électorale au prisme médiatique
Séance du séminaire de l’atelier genre
20 février 2014, salle des professeurs (site Victoire – Université Bordeaux 2),  de 14h à 16h.
 Intervenantes :
> Frédérique Matonti, Professeure des Universités, Université Paris I-Panthéon Sorbonne.
« Le genre présidentiel. Représentations des professionnel(le)s de la politique ».
> Virginie Julliard, Maîtresse de Conférence, Université de technologie de Compiègne.
« L’usage politique du genre à l’ère du numérique : les campagnes présidentielles de 2007 et 2012 ».
Discussion animée par Clément Arambourou et Anaïs Theviot (doctorants au Centre Emile Durkheim, Sciences po Bordeaux)
Contact :
a.theviot@sciencespobordeaux.fr

• “Sexage en recomposition ? Le cas des travailleuses domestiques résidentes au Canada
Séance du séminaire ouvert organisé par Fanny Gallot, Danièle Kergoat, Audrey Molis, Michelle Paiva
Jeudi 20 février 2014 de 14h à 17h (Salle 255)
59/61 rue Pouchet 75017 (Bus 66, métros Brochant ou Guy Môquet)
Intervenantes :
Elsa Galerand, professeur de sociologie à l’UQAM et
Martin Gallié, professeur de droit à l’UQAM (Québec)
Discutante :
Maira Abreu, doctorante en sociologie à l’Université de Campinas (Unicamp – Brésil) et à l’Université Paris 8
Résumé :
   En vertu du Programme canadien des aides familiaux résidants (PAFR/Live-in Care Program), en vigueur depuis 1992, les travailleuses domestiques ont notamment l’obligation de résider chez leurs employeur-e-s et doivent souscrire à cette obligation, avec tout ce qu’elle implique en termes de conditions de vie, de travail et de relations de travail, pour une période minimale de deux ans pour devenir éligible à la résidence permanente.
Nous voudrions montrer que cette obligation de résidence participe d’un « arsenal juridique » qui non seulement exprime, mais (ré)organise une « forme transitionnelle d’exploitation » qui passe par une mainmise sur les corps et qu’il faut situer dans la continuité des rapports d’esclavage, de servage, mais aussi de « sexage », théorisés par Colette Guillaumin (1978).
Pour développer cette hypothèse de travail, nous procéderons en trois temps. Nous présenterons d’abord brièvement l’historique et le contenu du PAFR (I). Nous tenterons ensuite de montrer en quoi les travailleuses résidantes sont privées du droit à la vie privée que nous interprétons ici comme le droit de disposer d’un espace-temps de vie hors travail (II). Dans un troisième et dernier temps, nous reviendrons sur la démonstration de Colette Guillaumin pour insister sur le caractère illimité dans le temps de l’usage qui peut être fait de la force de travail des employées de maison.
Contact :
michelle.paiva.br@gmail.com

• Isabelle Ehrhart-Duffo, “La prise en compte des questions du genre dans les opérations militaires de l’OTAN. Présentation du rapport d’évaluation de la prise en compte des questions du genre au sein de l’ISAF et de la KFOR
Séance du séminaire  de l’Institut Français de Géopolitique “Femmes et géopolitique”
Vendredi 21 février de 10h à 12h
Campus Paris Diderot
5 Rue Thomas Mann, Paris 13ème ; Métro : Ligne 14 – RER C
Bâtiment Halle aux Farines – salle 478F.
Isabelle Ehrhart-Duffo est colonel, Gender advisor à l’OTAN (Norfolk, Virginie, EU)
Contact :
i.feuerstoss@yahoo.fr

• “Arts et littérature. Études sur les femmes, le sexe et le genre
Séminaire de laboratoire
Vendredi 7 mars
Bât. A – Salle A3. 627, Lille 3
Programme :
Présidente de séance : Guyonne Leduc (Lille 3)
> Corinne Oster (Lille, CÉCILLE) La Traduction est-elle une femme comme les autres ?
ou De l’intérêt d’intégrer les études de genre à la traductologie
> Florence Klein (Lille 3, HALMA-IPEL) Le Genre des poèmes et les séductions du style dans la littérature gréco-latine
> Gérald Peloux (Paris IV, CÉCILLE) L’Homosexualité masculine dans l’œuvre fictionnelle et non- fictionnelle du romancier Edogawa Ranpo (1894-1965)
Questions
Déjeuner pour les intervenants
Présidente de séance : Isabelle Boof-Vermesse (Lille 3)
> Géraldine Gourbe (École Supérieure d’Art d’Annecy) La Scène performative portugaise pendant et après la dictature : une cartographie des genres
> Katia Hayek (Lille 3, ALITHILA) L’écriture du surnaturel ou la voie de la transgression dans certains romans anglais et français du XVIIIe siècle
> Adriana Azevedo (université Pontificale de Rio de Janeiro, Lille 3, CÉCILLE) Décoloniser les corps : Genre et race dans le film Madame Satã de Karim Aïnouz
Questions et goûter
Contact :
guyonne.leduc@univ-lille3.fr

• Geneviève Cresson, “Le monde de la petite enfance et le sexisme dans la socialisation
Conférence
13 mars à 17:00 à la Haute école de travail social et de la santé – EESP – Lausanne
Résumé :
Les différences dans l’éducation des jeunes enfants en fonction de leur sexe a été analysée par les féministes depuis le milieu du XX° siècle, mais sans provoquer ni études ni débats approfondis, jusqu’à très récemment. Actuellement cette question peut être considérée comme un révélateur des ambiguïtés de la socialisation, de la spécialisation professionnelle des hommes et des femmes, comme des craintes collectives en matière d’avenir des “rôles de sexe”.
https://www.gendercampus.ch/fr/hochschulen/netzwerke/liege-hes-so

• “Les rapports sociaux de genre, race et classe dans les représentations médiatiques et la médiatisation
Séance du séminaire du RT 24 de l AFS « Genre, Classe, Race. Rapports sociaux et construction de l’altérité »
Vendredi 14 mars,
de 14h30 à 17h
Salle de conférences de l UPS Pouchet
59-61 rue Pouchet 75017
Intervenantes :
Marion Dalibert (Université de Lilles 3, GERIICO) marion.dalibert@gmail.com
Nelly Quemener (Université Sorbonne Nouvelle, CIM équipe MCPN), nellyquemener@gmail.com
Résumé :
   Cette intervention propose une réflexion théorique et méthodologique sur l analyse combinée des rapports sociaux de genre, race, classe dans les médias. Ces derniers sont appréhendés comme un lieu de conflits autour de la définition et signification des termes du débat public, ainsi que de la représentation des groupes sociaux. Ils nous intéressent en tant qu ils participent à la configuration des imaginaires sociaux et rendent intelligibles les évènements et les groupes formant la société. Deux dimensions retiendront notre attention. Premièrement, les représentations médiatiques envisagées en tant que lieu de production et de fixation des identités. Il s agit ici d interroger les lexiques, les répertoires, les styles de vies, participant à construire l image des groupes sociaux et des relations entre les groupes, et à travers eux, à forger et déplacer les hiérarchies. Deuxièmement, la médiatisation des problèmes publics, envisagés comme le lieu de sélection et définition des termes du débat public. Il s agit dans ce cas de mettre au jour l accès différencié à la parole publique des différents groupes selon leur catégorie et position sur la structure sociale, et les régimes de visibilité et d invisibilité qui en découlent. Ces deux problématiques seront illustrées par des travaux récents qui rendront compte de l intérêt d adopter une approche intersectionnelle des médias pour l analyse de la production discursive des catégories et des relations entre les groupes.

• “Performances de genres : rôles sexués, images, narrations
Séance du séminaire Genres, sexualités, langage, Association GSL
Lundi 17 mars 2014, 18h-20h
Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle
13 rue Santeuil 75005 Paris
salle 392
Programme :
   Lors de la séance, ouverte à tout.e.s, deux ouvrages seront discutés en présence de leurs auteur.e.s.
> Le lieu du genre, la narration comme espace performatif du genre
en présence des co-éditeur.ice.s Perin Emel Yavuz, docteure en histoire de l’art et Patrick Farges, maître de conférences en études germaniques
Discutant : Régis Schlagdenhauffen, docteur en sociologie
> Femmes en métiers d’hommes
en présence de l’auteure, Juliette Rennes, maîtresse de conférences en sociologie
Discutante : Marion Dalibert, docteure en sciences de la communication
Contact et infos :
http://gsl.hypotheses.org/174

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3 – APPELS A CONTRIBUTIONS :

• Avant le 19 février
Work in Progress en Etudes Genre
Journée d’études
Organisation :
Thierry Delessert, post-doc FNS, IHES, chargé de cours, CEG LIEGE (UNIL) Magali Delaloye, 1ère assistante, CEG LIEGE (UNIL)
Damien Michelet, coordinateur PlaGe / CEG LIEGE (UNIL)
18-19 mars 2014, Université de Lausanne
Argumentaire :
   La Plateforme en Etudes Genre (PlaGe) de l’Université de Lausanne organise les 18 et 19 mars 2014 des journées d’étude sous un nouveau format : les Research Days, consacrés aux recherches adoptant une perspective de genre et/ou soulevant des problématiques de genre. Ces journées sont divisées en deux : le Work in Progress, le 18 mars et l’Advanced Day, le 19 mars. Cet appel à contributions pour la première journée s’adresse en particulier aux chercheur·e·s universitaires débutant·e·s. Les présentations porteront sur des questions de recherche interrogeant le genre, de manière centrale ou partielle, théorique ou empirique. Ce Work in Progress sera l’occasion de confronter les points de vue et les résultats des recherches entre chercheur·e·s.
Le Work in Progress a pour buts :
.    de présenter les projets en cours ou des résultats de recherches intégrant le genre (travaux de
Master, thèses, projets FNS, etc.) ;
.    d’échanger entre chercheur·e·s de différentes disciplines et de différents niveaux académiques
dans un contexte convivial ;
.    de fournir une plateforme de discussions interdisciplinaires entre chercheur·e·s débutant·e·s et
expérimenté·e·s ;
.    de visibiliser l’importance du genre dans la recherche toutes disciplines confondues.
Le Work in Progress 2014 est également une activité externe du programme doctoral CUSO en Etudes Genre, et accueille tout·te·s les doctorant·e·s qui veulent y participer pour présenter leur projet de thèse et le discuter avec un public interdisciplinaire (cf.http://gender.cuso.ch). Ce Work in Progress contribue au soutien à la relève académique et vise au renforcement du réseau interdisciplinaire et interfacultaire.
Chaque proposition de communication retenue donnera lieu à une présentation orale de 20 minutes, suivie de 10 minutes d’intervention d’un·e discutant·e, puis d’un débat de 15 minutes avec le public.
Les propositions de contribution (sous forme de résumé de 200 à 300 mots) sont à envoyer jusqu’au 19 février 2014 à :Thierry.Delessert@unil.ch et magali.delaloye@unil.ch (résumé en attaché, format Word ou rtf). La sélection des résumés sera effectuée avant le 1er mars 2014.
Les participant·e·s au programme doctoral CUSO en Etudes Genre sont prié·e·s de s’inscrire à ces journées d’études sur le site :http://gender.cuso.ch.
Contacts :
Thierry.Delessert@unil.chmagali.delaloye@unil.ch ou sur

• Avant le 20 février
De Pasolini à Cameron Mitchell et Garréta, en passant par Guibert et Tondelli: le point de vue Queer en littérature et au cinéma
3-4 octobre 2014
Université Catholique de Louvain
Argumentaire :
   Pier Paolo Pasolini (1922-1975), dans son oeuvre comme dans sa réflexion, a interrogé à plusieurs reprises la thématique de la sexualité. Il est l’auteur d’une enquête sur la sexualité des Italiens en 1964 (Comizi d’Amore) et a critiqué à plusieurs reprises une libération sexuelle qu’il suspectait de ne concerner qu’une seule catégorie de personnes et d’exclure beaucoup d’autres. D’un point de vue artistique, à l’image de ses expérimentations et de sa détermination à mélanger les genres, il a remis en question, dans ses écrits littéraires (Amado mio et Atti impuri, 1982 ; Petrolio, 1995), dans ses films (Teorema, 1968 ; Il Fiore delle mille e una notte, 1974), mais aussi dans ses chansons (Ballata del suicidio, 1960) les canons et les préceptes d’une sexualité hétéronormée, la seule apparemment acceptée par la majorité, pour le moins à son époque. Une telle remise en question ne s’est pas opérée sans douter et sans s’exposer, Pasolini abordant tour à tour des sujets aussi complexes que l’éfébophilie, l’identité transgenre ou encore le sadomasochisme. Une telle démarche investigatrice à l’intérieur d’une oeuvre aussi importante et polymorphe (cinéma, littérature, théâtre, poésie, histoire des idées, etc.) font de Pasolini un personnage clé dans le cadre de ce qu’on appelle aujourd’hui les Queer Studies.
Les études Queer seront ici définies dans une perspective globale, interdisciplinaire, de remise en question de la norme (hétéro-)sexuelle, d’un questionnement de l’identité profonde qui dépasse celui de l’orientation sexuelle, d’une volonté de faire sauter les frontières et d’invalider la notion de catégories, d’interroger les tabous afin de susciter la réflexion, en bref: dans une perspective humaniste d’acceptation de l’autre, tel qu’il est.
La littérature et le cinéma queer, depuis la mort de Pasolini en 1975, n’ont cessé de donner leurs fruits. Qu’on puisse ou non, selon les cas, parler d’influence ou que les causes soient à rechercher au contraire dans des tendances globales liées à l’évolution de la société, il est quoi qu’il en soit incontestable que des similitudes existent entre l’oeuvre de Pasolini et celle d’auteurs tels que Edmund White, Pier Vittorio Tondelli, Hervé Guibert, Bret Easton Ellis ou, au cinéma, John Cameron Mitchell et Todd Haynes.
La littérature Queer a connu une période particulièrement florissante au cours des années 1980 et au début des années 1990. Les productions littéraires des années 2000, au contraire de ce qui se passe au cinéma, semblent plus discrètes. Comment interpréter un tel phénomène? La représentation littéraire de la sexualité dans tous ses aspects a-t-elle finalement cessé de susciter le scandale?
Aussi, bien que les théories Queer aient été conceptualisées par des femmes, les noms d’écrivains et de cinéastes qui nous viennent spontanément à l’esprit sont ceux d’hommes, qui, le plus souvent, décrivent des hommes ou des transsexuels. Des auteures telles que Charlotte Roche et Anne Garréta semblent faire figure d’exceptions. Cette discrétion des femmes, en littérature et au cinéma, serait-elle due au fait que les piliers de la littérature Queer et homo au cours de la deuxième moitié du XXème siècle sont des hommes (Pasolini, Genêt, Isherwood…) ? Les femmes paraissent en effet plus présentes parmi les performers Queer et autres artistes post-modernes qui interrogent le genre dans des domaines artistiques donc nettement moins institutionnalisés (Cindy Sherman, Valie Export, etc.).
La tentation de l’image apparaît, en outre, une constante, chez les écrivains précédemment cités (et une évidence, chez les cinéastes). Là encore, ils s’inscrivent dans la même perspective artistique que leur prédécesseur italien. L’image, qui permet une représentation directe des corps, est-elle indispensable pour s’interroger sur les nombreuses dimensions de la sexualité? Ou cette aspiration au visuel n’est-elle que le reflet d’une tendance globale, à l’intérieur du domaine artistique, depuis l’avènement de la télévision et la multiplication incessante des écrans? Enfin, la volonté manifestée par certains, comme Pasolini et Guibert, de mêler littérature et cinéma ne pourrait-elle pas, en quelque sorte, être rapprochée de l’aspiration des théoriciens Queer à abattre les frontières établies arbitrairement entre les individus en fonction de leur sexe ou de leur orientation sexuelle?
La chanson elle aussi a été un canal d’expression et de diffusion pour l’identité Queer. Take a Walk on the Wild Side de Lou Reed, Lola des Kinks, Sans Contrefaçon de Mylène Farmer, Depuis qu’il vient chez nous de Dalida, Andrea de Fabrizio De André et bien d’autres racontent des parcours de vie différents et des histoires d’amour non conventionnelles. Pasolini aussi écrivit des chansons et notamment la Ballata del suicidio, interprétée par Laura Betti, qui n’est pas sans rappeler le sujet cinématographique on ne peut plus Queer du Voyage à Cythère. Ce langage artistique populaire et facile d’accès aura-t-il contribué à changer les mentalités du grand public au sujet des communautés LGBTIQ?
Les questions de recherche porteront sur les auteurs Queer, au cinéma, en littérature, ou en chanson, de Pasolini à l’époque contemporaine.
Axes possibles :
. Pasolini et les générations successives (similitudes et contrastes, influence directe ou indirecte, évolution discursive…)
. Au cinéma
. En littérature
. Pasolini et la perspective queer dans son oeuvre artistique (cinéma, littérature, théâtre, chanson…)
. Pasolini et la perspective queer dans ses déclarations publiques et ses essais à caractère social et politique
. Intermédialité et thématiques Queer
. La littérature Queer des 40 dernières années en Italie, en France, dans le monde anglo-saxon, etc.
. Le cinéma Queer des 40 dernières années en Italie, en France, dans le monde anglosaxon, etc.
. Les chansons Queer des 40 dernières années en Italie, en France, dans le mondeanglo-saxon, etc.
Les propositions de communication en français, en italien ou en anglais (max. 5000 caractères) devront être envoyées à Costantino Maeder (costantino.maeder@uclouvain.be) ou Amandine Mélan (amandine.melan@gmail.com), accompagnées d’un bref curriculum vitae académique.

• Avant le 21 février
Les LGBTQI dans la recherche et la production culturelle
Colloque organisé par CHEFF, fédération étudiante LGBTQI
Samedi 26 avril au sein du campus de l’Université de Namur.
Introduction :
   Les CHEFF asbl, fédération étudiante LGBTQI, se veulent un acteur du monde de l’enseignement supérieur en défendant et en stimulant la recherche et l’intérêt pour les thématiques qui touchent les LGBTQI. Ce premier événement s’inscrit dans une volonté de mettre en relation toutes les personnes ayant un intérêt pour ces questions. Par ce colloque, l’organisation souhaite réunir autour d’un même événement chercheur·se·s, étudiant·e·s, militant·e·s et citoyen·ne·s afin de mettre en avant la recherche comme un instrument de la citoyenneté responsable, active, critique et solidaire.
Argumentaire :
   Dans le cadre de ce colloque, les CHEFF invitent tout·e intervenant·e qui a effectué un travail de recherche ou une production culturelle sur les questions et thématiques liées aux genres, aux sexes et aux sexualités à participer, sous forme d’une intervention publique dans le cadre du colloque, sur la base d’un dossier de candidature qui sera soumis à un comité de sélection.
Les travaux de recherche ou culturels visés peuvent avoir été défendus dans toute discipline ou orientation. Un intérêt sera porté à l’originalité, à la pluridisciplinarité et à l’interdisciplinarité dans l’établissement du programme du colloque.
Critères d’éligibilité :
   Le travail doit consister en un travail de recherche ou une production culturelle réalisé dans une école, haute-école, université ou un organisme de formation situé en Fédération Wallonie-Bruxelles. Le travail doit au préalable avoir été évalué par le comité de sélection qui se fondera, entre autres, sur l’évaluation reçue suite à la défense dudit travail au sein de l’établissement.
Procédure :
   Les candidat·e·s doivent transmettre un dossier de candidature pour le 21 février 2014 au plus tard. Ce dossier comporte un curriculum vitae, un résumé d’une page du travail, un bulletin de participation complété disponible en ligne sur www.lescheff.be, une attestation émanant de l’établissement de formation reprenant l’évaluation obtenue pour le travail (cote, grade…) le cas échéant, et une version numérique du travail à l’adresse colloque@lescheff.be.
Publication :
Un compte rendu des interventions, des échanges et des débats sera publié sur le site et en version papier par les CHEFF asbl.
Infos :
http://www.lescheff.be/?p=1172

• Avant le 1er mars
Violette Leduc
Argumentaire :
   Le groupe « Violette Leduc » de l’ITEM/CNRS organise, à l’occasion du cinquantenaire de la publication de La Bâtarde, un colloque international sur Violette Leduc. L’événement se tiendra à Paris les 17 et 18 octobre 2014.
La manifestation se veut pluridisciplinaire, réunissant les lecteurs, les écrivains et les chercheurs, mais aussi les cinéastes et documentaristes.
Seront évoqués et étudiés les œuvres publiées et inédites de Violette Leduc, les manuscrits, ainsi que la vie et le personnage de l’écrivaine.
Les communications ou témoignages pourront concerner :
-la recherche universitaire
-les manuscrits
-les œuvres télévisuelles ou cinématographiques
-le point de vue des écrivains
-la biographie
Les prises de paroles ne devront pas dépasser 20 minutes à l’oral. Il sera également possible de participer sous la forme d’un échange au sein de tables rondes.
Les propositions de communication (10 lignes accompagnées d’une courte présentation biobibliographique) sont à envoyer aux membres du groupe “Violette Leduc” avant le 1er mars 2014 :
-Catherine Viollet (cviollet@wanadoo.fr)
-Mireille Brioude (brioudemireille@gmail.com)
-Anaïs Frantz (anais.frantz@laposte.net)
-Alison Peron (alison.peron@hotmail.fr)
Il est possible d’aider le financement du colloque en participant à la cagnotte !
https://www.leetchi.com/c/association-de-association-des-amis-de-violette-leduc
Liens :
Site Violette Leduc http://violetteleduc.net/ Groupe « Violette Leduc » à l’ITEM
http://www.item.ens.fr/index.php?id=578490

• Avant le 10 mars
Une affaire de famille ? Parents (ou parenté)  et politique en Afrique contemporaine
Panel organisé dans le cadre des 3ème rencontres des Études africaines (REAF) en France du 30 juin au 1er juillet 2014 à Bordeaux.
CNRS / IEP/ Université de Bordeaux
Argumentaire :
   Alors que l’anthropologie dynamique et les approches de la segmentarité (Salhins, Balandier) démontraient la nécessité de penser ensemble famille et politique, on constate que, depuis, ces deux entités ont été travaillées séparément. On a d’un côté des travaux qui s’intéressent à la parenté et à la famille sous l’angle de l’anthropologie, l’histoire, la démographie ; et de l’autre, des études qui portent sur la nature autoritaire des régimes politiques et sur les processus de démocratisation. Si certaines recherches récentes se sont à nouveau intéressées à la formation d’un ordre politique articulé autour de la parenté et du factionnalisme (Dahou) et aux phénomènes de co-production de la famille et du politique (Brossier), la famille en Afrique comme objet de recherche politique n’est paradoxalement que très peu travaillée malgré l’apparition de « dynasties républicaines » (RDC, Togo, Gabon, Kenya).
En quoi la famille constitue-t-elle un modèle d’organisation sociale présenté comme légitime par les leaders politiques ? Comment se constitue l’homologie entre clan politique et familial ? La distribution des positions de pouvoir au sein de l’État et du parti s’opère-t-elle sur un mode familial ? Quel rôle l’expérience coloniale joue-t-elle sur les formes de personnalisation et de patrimonialisation du politique ? Comment les rapports sociaux de genre influencent-ils les modalités d’organisation familiale du politique? Quels sont les arrangements institutionnels et constitutionnels mis en place pour légaliser cette production du politique par le familial ?
L’objet famille, comme registre de légitimation et comme matrice d’organisation permet de révéler l’enchevêtrement de différents espaces sociaux, des ressources et capitaux mobilisés ainsi que la fluidité des trajectoires des acteurs, de leurs pratiques et de leurs représentations. Penser la co-production de la famille et du politique semble nous autoriser à transcender des catégories d’analyse trop figées.
Ce panel propose de développer un regard transdisciplinaire aussi bien sur l’Afrique subsaharienne que l’Afrique du Nord.
Les propositions de communication (maximum 5 000 caractères espaces compris) peuvent nous être envoyées jusqu’au 10 mars 2014.
 Contacts :
Marie Brossier, Marie.brossier@pol.ulaval.ca
Mathilde Debain, mathildedebain@yahoo.fr

• Avant le 13 mars
Défi genre. Le genre à l’interface des sciences
Mission Interdisciplinarité du CNRS
Argumentaire :
   La Mission Interdisciplinarité lance, pour 2014, un nouvel appel à projets interdisciplinaires au sein du programme « Le genre à l’interface des sciences ». Cette année nous souhaitons favoriser la prise en compte des thématiques des autres actions de la Mission pour l’interdisciplinarité en leur apportant l’éclairage de la problématique du genre.
L’objectif général du Défi GENRE est en effet d’étendre la portée de cette problématique dans des domaines scientifiques dans lesquels les différences et inégalités sociales entre les sexes devraient être prises en considération dans l’élaboration des questions de recherche et des protocoles expérimentaux.
Pour cela, comme le démontrent diverses expériences à l’étranger, par exemple dans le domaine de la santé, de l’écologie-environnement ou des technologies, il est nécessaire de faire travailler ensemble des spécialistes de différents secteurs scientifiques avec les chercheuses et chercheurs des sciences humaines et sociales qui sont à l’origine des études de genre et de la définition du concept de genre.
Le genre désigne le fait que les inégalités entre les hommes et les femmes sont le fruit de processus sociaux qui construisent une hiérarchie entre les sexes en faisant des différences biologiques le fondement d’une division sociale. Cette division produit des conventions culturelles, des rôles, des représentations sociales et s’exprime dans la division sexuelle du travail et du pouvoir. Ces processus sont à l’œuvre dans l’ensemble de la société, y compris par conséquent dans le domaine scientifique.
Dans la recherche en biologie, notamment en recherche clinique-santé, intégrer la dimension du genre conduit à prendre en compte à la fois les facteurs biologiques – dont le sexe, qu’il soit celui des individus, des animaux, le cas échéant des cellules – et les facteurs psychologiques, sociologiques, comportementaux, environnementaux, dans les conditions expérimentales, pour en étudier l’impact sur les résultats de la recherche.
Soulignons que le genre est affiché comme un critère prioritaire et transversal dans le nouveau programme cadre européen Horizon 2020.
Nous attendons des projets, autour de la prise en compte du genre ou des différences et inégalités sociales entre les femmes et les hommes, traitant de questions relatives :
. soit à l’innovation technologique ou à l’ingénierie,
. soit à l’écologie-environnement ou au développement durable,
. soit à la santé-médecine et aux sciences du vivant
. soit encore à des questions de santé articulant deux, voire trois des domaines ci-dessus,
. soit enfin des questions liées à la conception de technologies articulant deux, voire trois des domaines ci-dessus (ex : genre et technologies en santé et environnement)
En 2014, le CNRS se propose de soutenir plus particulièrement des recherches intégrant la problématique du genre dans les questions prioritaires des autres Défis et actions de la Mission pour l’interdisciplinarité, à savoir :
-    les risques environnementaux, notamment les risques liés aux contaminations (radioactivité, polluants, écotoxicité) et à la santé des femmes et des hommes (cf. le Défi NEEDS, PEPS Risque/Alerte)
-    la transition énergétique, notamment la prise en compte du genre dans les méthodes et pratiques sociales innovantes en matière de gestion des ressources, de bâtiments durables, de remèdes à la précarité énergétique (cf. le Défi ENRS)
- l’acceptation individuelle et sociétale du développement technologique en lien avec la participation des usagères et usagers à sa définition, par exemple pour ce qui concerne la conception des technologies de suppléance liées au corps (cf. le Défi SENS)
-    la prise en charge des maladies mentales, par exemple par un croisement de la problématique de la division sexuelle du travail de care avec celle de l’innovation thérapeutique (cf. le Défi ITMM)
Les projets devront par conséquent nécessairement réunir des chercheuses et/ou chercheurs appartenant à des équipes CNRS ou universitaires relevant d’au moins deux disciplines différentes, à savoir, impliquant des SHS et au moins un autre secteur disciplinaire. Les propositions émanant de porteuses ou porteurs de projet appartenant à des laboratoires non SHS retiendront particulièrement l’attention des responsables du Défi.
Les dossiers comporteront une description du projet et des opérations de recherche de 3 pages maximum, un résumé du projet de 10 lignes maximum, un CV du/de la responsable du projet incluant une liste de ses principales publications, un court CV des chercheuses et chercheurs impliqué-e-s. Un comité scientifique évaluera les projets en fonction de leur caractère innovant et de leur capacité à inclure le genre dans la problématique de l’équipe.
Le financement des projets sera de 10 000 euros maximum. L’intégralité du financement devra être dépensée en 2014 sans report possible.
Un rapport final synthétique sera demandé, incluant éventuellement les perspectives d’évolution de la recherche en interface. Un rapport financier indiquant l’utilisation des fonds sera également requis. Une journée d’étude ou un colloque réunira les équipes, début 2015, afin de dresser un bilan de ces démarches interdisciplinaires.
Le formulaire proposé dans le cadre de l’appel à projets du défi GENRE dument complété sera obligatoirement déposé par le porteur du projet sur l’application SIGAP : https://sigap.cnrs.fr/sigap/web/connexion.php
Date limite de dépôt des candidatures: le 13 mars 2014 à minuit.
Contacts :
Responsables scientifiques : Anne-Marie Devreux, pour le Défi GENRE : anne-marie.devreux@csu.cnrs.fr Sandra Laugier, pour la Mission Interdisciplinarité du CNRS : sandra.laugier@cnrs-dir.fr Anne Pépin, pour la Mission pour la place des femmes au CNRS : anne.pepin@cnrs-dir.fr
Pour toute information générale, merci d’envoyer un message (intitulé demande informations défi GENRE) à : mi.contact@cnrs.fr

• Avant le 15 mars
Négocier l’articulation des temps sociaux
Journées d’études du GT48 ARTS de l’AFS
2 et 3 octobre 2014
à l’EHESS et au Cnam (sous réserve)
En partenariat avec le Centre Georg Simmel (EHESS), le LISE (CNAM), le GIRSEF & le CIRFASE (U. de Louvain) et la revue Négociations
Comité d’organisation :
Jean-Yves Boulin, Bernard Fusulier, Marie-Thérèse Letablier, Julie Landour, Chantal Nicole-Drancourt, Bénédicte Zimmermann, avec la collaboration de Asmae Farah et Valéria Insarauto.
Présentation :
   Ces journées s’organisent dans le cadre de la journée annuelle de rencontre du réseau Articulation vie professionnelle /vie familiale et Recomposition des Temps Sociaux (ARTS) de l’AFS. Le réseau ARTS s’atèle à penser les voies de progression possibles vers un rééquilibrage des engagements d’activité tout au long de la vie qui soient plus justes, plus soutenables et non genrés. Au croisement de différents champs sociologiques (travail, genre, famille, action publique, temps sociaux…), les niveaux d’analyse des travaux au sein du réseau sont divers et privilégient soit une « entrée macro-sociologique » (qui interroge les effets des grandes transformations sociales, économiques et culturelles sur l’organisation des temps sociaux et des temps de vie) soit une « entrée institutionnelle » (celle des réponses apportées en termes de politiques publiques nationales, comparatives et/ou internationales), soit une « entrée pratiques sociales » à travers l’observation des acteurs collectifs ou individuels (les entreprises et les milieux professionnels, les individus, leurs parcours et les arrangements intra-familiaux). La journée annuelle du réseau ARTS 2014 aura pour thème : “Négocier l’articulation des temps sociaux”.
Argumentaire :
   Les espaces d’arbitrages des engagements d’activité tout au long de la vie sont nombreux (institutionnels, professionnels, familiaux, etc.) et font l’objet de négociations permanentes dans les parcours de vie. Ce qui se passe dans ces espaces appartient-il au registre de l’adaptation ou à celui de la réorganisation de l’ordre social (ordre social en général, ordre de temporalités, ordre de genre en particulier) ? Telle est la question transversale proposée aux interventions et débats de ces journées .
Si nous comprenons relativement bien les coordonnées structurelles, culturelles, institutionnelles (voire organisationnelles et expérientielles) des enjeux sous-jacents à la problématique de l’articulation des temps sociaux, en revanche nous n’avons pas encore une connaissance rigoureuse de la façon dont les acteurs.trices échangent et négocient autour de ces enjeux, ni même du contenu effectif de ces négociations si elles ont effectivement lieu. Nous sommes pourtant entrés dans « l’ère de la négociation » (William Zartman), ce qui légitime l’idée que la négociation devient aujourd’hui un paradigme de plus en plus pertinent pour saisir (et impulser) la dynamique sociale. Surtout, si à la manière d’Anselm Strauss, nous ne la réduisons pas à un simple jeu entre acteurs.trices mais que nous élargissons explicitement l’analyse aux contextes et paramètres structurels (régimes de genre, de temps, de care, de travail…) qui définissent les conditions de possibilité et les cadres de la négociation ainsi qu’aux contenus mêmes de celle-ci.
Dès lors, si nous nous inscrivons dans cette perspective de connaissance, il apparaît nécessaire de chercher à savoir comment, par qui, au nom de quoi, dans quel espace-temps une politique temporelle ou de conciliation travail/famille est mise à l’agenda d’une organisation (entreprise, collectivité locale etc.). Il s’agira alors d’identifier qui se retrouve autour de la table de négociation, de décrypter quels sont les intérêts, les arguments, les enjeux traités ainsi que les moyens de pression utilisés pour convaincre autrui et faire passer ses intérêts. Ou encore de comprendre quels sont les rapports de confiance-méfiance qui se mettent en place dans des configurations apparemment neutres mais fondées sur des rapports sociaux inégalitaires. Autrement dit, savoir ce qui permet (ou fait obstacle à) « la négociation » (sous forme de discussions, de conflits, ou de jeux de rapports de force) et ses outcomes (loi, convention collective, dispositif ou autres contreparties concédées) est certainement de première importance dans l’analyse des mécanismes du changement social.
Ce type d’approche a montré sa pertinence dans l’analyse des politiques publiques ainsi que dans celle des relations diplomatiques, commerciales ou industrielles. Mais qu’en est-il des acquis issus des travaux portant sur des domaines moins classiques dans l’étude de la négociation ? Nous pensons qu’il est important de faire le point sur ces acquis. Et ce,
- tant au regard des négociations dans les espaces privés, voire intimes (par exemple, comment et en quels termes se déroule une « négociation ordinaire » autour de la répartition des tâches domestiques, des loisirs, des engagements/désengagements professionnels ou de la prise d’un congé parental ? quel est « l’ordre négocié » qui en découle ?)
- que du point de vue des négociations au sein des collectifs de travail (comment se négocient, formellement ou informellement, les urgences familiales, les horaires ou les congés au sein d’un milieu professionnel ? quels sont les compromis acceptables ? qu’est-ce qui se négocie ou ne se négocie pas ? quels en sont les impacts sur le travail réel ?).
Notre objectif est donc de repérer aussi finement que possible les contextes et les trames des négociations, formelles et informelles, autour de l’enjeu de l’articulation des temps sociaux à différents niveaux de l’agir social.
 Axes de questionnement :
   Attestant du caractère transversal et pluridisciplinaire de la question de l’articulation des temps sociaux et afin d’organiser la journée d’étude, nous proposons de distinguer différents niveaux et espace sociaux de négociation : l’action publique, les milieux professionnels, l’Action collective et les familles. A titre purement indicatif :
- dans la famille : comment l’articulation des temps sociaux se négocie-t-elle ? Comment ces négociations sont éventuellement actualisées par des séparations et des nouvelles compositions familiales ? …
- dans les organisations : existent-ils des espaces-temps pour négocier l’articulation temps professionnel / temps privé / temps familial ? Qui sont les acteurs.trices de ces négociations ? Quels arguments sont mobilisés au sein des organisations pour rendre ces questions légitimes ? De nombreuses questions peuvent être posées autour de la négociation de la flexibilité du temps de travail, du travail à distance, de la porosité entre la sphère professionnelle et la sphère privée via les technologies de l’information et de la communication ? …
- dans l’élaboration et l’application des politiques publiques : qui sont les porteur.se.s des politiques publiques en faveur de l’articulation des temps sociaux ? Qui cherche à négocier quoi ? En sollicitant quels arguments ? Selon quels processus et avec quels acteurs.trices ? Mais aussi, au niveau des individus, comment font-ils/elles de leurs droits un enjeu de négociation avec leur entourage ou leur employeur ? …
Vos propositions :
Les interventions sélectionnées seront inscrites dans des ateliers qui alterneront avec des conférences pendant les deux journées consacrées à notre réflexion collective.
Nous vous demandons de nous envoyer pour le 15 mars 2013 un titre et un bref argumentaire (max. 1 page) qui spécifie votre apport à ce thème : “Négocier l’articulation des temps sociaux” (voir formulaire de soumission).
Les propositions doivent être envoyées par courrier électronique simultanément à :
Julie Landour : julielandour@msn.com
Chantal Nicole-Drancourt : drancourtchantal@hotmail.com
Une réponse vous sera communiquée au cours du mois de juin en même temps que les consignes de rédaction et de présentation.
Signalons enfin que suite à ces journées, le projet de publier en 2015 un numéro spécial de la revue Négociations sur ce thème est aujourd’hui acté (http://www.revue-negociations.eu)

• Avant le 28 mars
Les normes corporelles comme enjeu d’altérité
Colloque pluridisciplinaire
organisé par l’URMIS (CNRS UMR 8245, IRD UMR 205), le LAHMESS (EA 6309) et le LAPCOS (EA 7278) de l’Université Nice Sophia Antipolis
Les 9 et 10 octobre 2014
Université Nice Sophia Antipolis Campus St Jean d’Angély
Argumentaire :
   Au croisement de la sociologie, de l’anthropologie, de la psychologie et de l’histoire, l’objectif de ce colloque pluridisciplinaire est de susciter des échanges entre disciplines et champs de recherche autour de la question du corps et des normes corporelles. Plus précisément, cet appel à communication propose d’explorer les processus de régulation sociale des normes corporelles sous l’angle de la (re)production des différences et de l’altérité. Son objectif est d’engager une réflexion sur le corps comme lieu d’imposition et/ou de subversion de normes corporelles au sein des rapports sociaux de sexe/genre, de classe et interethniques/de « race », mais aussi en lien avec d’autres critères tels que l’âge, le handicap, la religion ou l’orientation sexuelle. Nous nous intéresserons particulièrement aux approches du corps et des normes corporelles proposant une lecture en termes d’articulation des rapports sociaux ou d’intersectionnalité.
Depuis le travail de Michel Foucault (de Surveiller et punir, 1975, à l’Histoire de la sexualité, 1984), de nombreuses recherches se sont intéressées aux processus sociaux explicites et implicites qui participent à réguler, normaliser et contrôler les corps, mais aussi aux processus de subversion et de transformation par lesquels les individus composent avec les normes corporelles ou y résistent (Goffman 1977 [1963]). Les normes corporelles apparaissent en effet comme un outil de contrôle social, les corps faisant l’objet d’un tri sociétal et institutionnel impliquant une différenciation, une hiérarchisation (corps sains/malades; civilisés/sauvages ; culturels/naturels), voire une mise à l’écart symbolique et matérielle des « Autres » (ouvriers, pauvres, femmes, étrangers, malades…). Dans cette optique, nous ne négligerons pas la dimension sensorielle à l’œuvre dans l’incorporation ou l’expression des normes corporelles. Les stimuli sensoriels jouent en effet un rôle non négligeable, souvent à notre insu, dans les processus de catégorisation sociale, notamment sous la forme de jugements moraux et de stéréotypes (raciaux, ethniques, de genre, d’âge, sociaux, etc.), ce que Joël Candau a appelé un essentialisme sensoriel (2013).
Les normes corporelles, en ce qu’elles participent à la hiérarchisation symbolique et matérielle des corps, sont ainsi centrales dans la (re)production et la naturalisation des rapports sociaux de classe, de «race», de sexe, etc. et dans les résistances qu’elles impliquent.
Les études portant sur les rapports de classe ont par exemple montré l’usage des normes corporelles dans les processus d’exploitation de classe et dans les processus de distinction sociale (Bourdieu 1979). De même, les études féministes ou de genre rendent compte des processus de régulation sociale des corps sur la base du sexe, du genre ou de la sexualité (Delphy 1998, 2001; Foucault 1984; Guillaumin 1992; Mathieu 1991). Les normes corporelles sont ainsi un enjeu central dans les représentations et catégorisations sociales instituant la «différence naturelle» des sexes (la «nature» supposée des femmes, l’hétéronormativité), mais aussi dans la division sexuelle de l’espace, du travail, des loisirs, de la famille (Cardi 2007 ; Vozari 2012) et dans les formes de résistance ou de contournement de ces injonctions (la subversion des normes de genre et de sexualité (Dorlin 2009).
De nombreux travaux ont également montré la régulation des corps selon des différenciations « raciales », ethniques et nationales dans les rapports esclavagistes, coloniaux (Clancy Smith 2006 ; Fanon 1952 ; Stoler 2013 ; Taraud 2003), mais aussi dans les contextes contemporains, autour de la (re)production des frontières – tant géopolitiques qu’ethniques, tant matérielles (mise à l’écart, enfermement) que symboliques (construction de l’altérité) (Fassin 2010 ; Guénif 2005 ; Poutignat & Streiff-Fénart 1999 ; Sayad 2006, 1999). En ce sens, les travaux portant sur le renforcement des frontières nationales et aujourd’hui européennes face aux migrations interrogent la dimension du corps, à la fois dans les modes de catégorisation des non-nationaux ou non-européens et dans les modes de contrôle, de mise à l’écart ou de rétention produits par les Etats et les réglementations européennes. Ici encore, les normes corporelles racisées, ethniques, nationales ou culturelles peuvent donner lieu à des usages subversifs de la part des groupes minorisés : des tactiques d’invisibilisation au retournement du stigmate (« black is beautiful ») et à l’expression identitaire par les corps.
Outre les assignations corporelles symboliques ou matérielles (re)produites au sein des rapports sociaux de classe, de sexe et de « race », d’autres catégories participent de la production de l’altérité, des frontières ou des discriminations. Ainsi des travaux récents (Bessin & Blidon 2012) montrent que l’âge est également une catégorie de classement à laquelle sont associées des caractéristiques sociales et des normes corporelles. Il en va de même pour les catégories relatives au handicap ou à l’apparence physique qui peuvent, elles aussi, fonctionner comme des « stigmates » (Goffman 1977), c’est-à-dire avant tout comme des écarts aux normes corporelles dominantes.
Enfin, les courants récents portant sur les approches « intersectionnelles » (Anthias 2013, Creshaw 1991) ou imbriquées des rapports de pouvoir ont montré l’intérêt de considérer la combinaison de ces rapports sociaux et de ces catégories (Bilge 2009 ; Yuval Davis & Anthias 1992). Ainsi, la régulation des corps selon des classements de genre et de classe sociale (Kergoat 2009), combinés aux catégorisations ethniques (Delphy 2008 ; Falquet et al. 2006 ; Guénif & Macé 2006 ; Juteau 1999 ; Sarah Banet-Wieser 1999 ; Scrinzi 2008 ; Stoler 2002) ou nationales (Dorlin 2007 ; Fassin 2006 ; Juteau 2000 ; Varikas 1998 ; Yuval-Davis & Anthias 1992) ainsi qu’à d’autres formes de classement tels que l’âge ou le handicap, constituent autant d’objets d’analyse particulièrement pertinents.
Dans cet appel, nous nous intéresserons en particulier à des contextes ou à des lieux institutionnels au sein desquels les normes corporelles apparaissent comme des enjeux d’importance, que ce soit à travers des formes de sublimation et de savoir des corps (les institutions sportives), des formes de construction et de prise en charge de la vulnérabilité, à travers des pratiques d’accompagnement ou de soin (les institutions médicales et de travail social, de care) ou des formes de contrôle physique ou répressif du corps (les institutions d’enfermement à vocation punitive, préventive ou de rétention administrative). De fait, chacune de ces institutions présente des logiques propres, de par son histoire, ses règles et ses pratiques internes. Mais elles partagent peut-être la caractéristique d’être des lieux où le « langage du pouvoir » s’ancre dans la normalisation des corps (Foucault 1976) et contribuent à modeler les corps, ses usages et ses pratiques, de sorte à (re)produire des rapports sociaux constitutifs de nos sociétés. Il nous importera alors de caractériser les façons dont le corps peut dans ces contextes s’avérer être un objet de discours (médical, psychologique, éducatif administratif, sécuritaire) et de pratiques de régulation, mais aussi un objet d’identification, de transformation ou de résistance.
C’est ainsi que cet appel à communication se propose d’étudier la (re)production de – et la résistance aux – normes corporelles, en ce qu’elles participent à la hiérarchisation symbolique et matérielle des rapports sociaux. Ce, en particulier, dans l’action d’institutions à vocation sanitaire, sportive, sociale et d’enfermement. Ces institutions peuvent s’inscrire non seulement dans des contextes régionaux ou nationaux, mais une attention particulière sera portée aux travaux portant sur une échelle européenne voire internationale.
4 axes principaux, mais non exhaustifs, ont été prévus pour ce colloque. Ils concernent quatre types d’institutions privilégiés, mais d’autres institutions ou domaines d’activité pourront être abordés.
. Les institutions de santé publique – qui fabriquent et prennent en charge des vulnérabilités corporelles (Cognet 2012 ; Cognet & Montgomery 2007 ; Fassin 2000, Fassin & Memmi 2004), en ciblant des populations « vulnérables » ou « à risque » (handicap, maternité, maladie).
. Les institutions sportives – où la discipline et la différenciation des corps constituent des fondements historiques (Corbin et al. 2011) et réglementaires (Bohuon 2012) et où les rapports sociaux de pouvoir trouvent un terrain d’expression et de mise en scène par les corps (Ferez 2012).
. Les institutions de travail social ou d’intervention sociale – qui ciblent également des populations vulnérables/à risque: champ de l’intégration, insertion sociale/professionnelle, parentalité, handicap, personnes âgées, violences faites aux femmes, travail du « care » (Bessin 2009, Vozari 2012).
. Les institutions et lieux de privation de liberté – où le contrôle physique des corps est assumé (Foucault 1975), qu’il s’agisse de prévention, de rétention ou de punition. On pense notamment aux institutions de régulation des frontières nationales ou européennes (immigration/intégration) – où les facteurs de classe, de genre, d’origine nationale sont mobilisés dans le tri menant au contrôle physique des corps.
Consignes pour l’envoi des propositions :
Date limite pour l’envoi des propositions de communication : 28 Mars 2014 Les propositions de communication (au format doc ou pdf) comporteront un titre et un résumé
de 2000 signes environ. Il devra être précisé dans quel axe elles s’insèrent.
Elles sont à déposer sur la plateforme : http://norm-corpo-2014.sciencesconf.org
Adresse-mail de contact : norm-corpo-2014@sciencesconf.org
Après évaluation, les réponses du comité scientifique seront communiquées pour le 15 mai 2014

• Avant le 1er septembre
Être femme en Afrique subsaharienne : la fin des « cadets sociaux » ?
Pour le numéro Vol. 29, no 2- 2016 de la revue canadienne Recherches féministes
   Sous la direction de Muriel Gomez-Perez et Marie Brossier
Argumentaire :
   Des écrits, dont ceux de Balandier, de Meillassoux et de Bayart, ont désigné les « cadets sociaux » comme l’ensemble des catégories sociales dominées (les jeunes et les femmes) par opposition à leurs « aînés sociaux » qui ont l’autorité liée à leur âge, à leur position dans la lignée et à la possession de ressources symboliques et matérielles. Pourtant, devant les plans d’ajustement structurel, les divers processus d’urbanisation, le rôle influent des médias et les transformations des rapports d’autorité dans les familles, certaines femmes ont été amenées à assumer de nouveaux rôles tels que chefs de famille, chefs d’entreprise, leaders d’opinion, leaders politiques ou figures religieuses charismatiques. Ainsi, le numéro de la revue Recherches féministes qui sera consacré à ce thème invite à rendre compte d’histoires individuelles ou collectives de femmes ou encore de voies différenciées d’affirmation féminine pour mieux comprendre les profonds changements en Afrique au sud du Sahara depuis les 30 dernières années. Pour mettre en lumière ces changements, trois axes sont proposés.
Le premier, « Rapports intergénérationnels : négociation ou confrontation? », suggère d’analyser les relations entre femmes dans leur espace et d’appréhender la manière dont les femmes négocient leurs responsabilités, contournent certaines normes sociales, transmettent cela à leurs filles, le tout pour mieux analyser les logiques d’autorité entre différentes générations féminines qui sont modelées notamment par des processus d’agentivité et d’autonomisation (empowerment) ou par des pratiques de débrouillardise ou de survie dans des contextes d’insécurité et de violence.
Le deuxième axe, « Itinéraires de militantisme et mobilités sociales », interrogera les trajectoires de militantisme des femmes dans les champs associatif, religieux et politique pour voir en quoi celles-ci s’engagent dans des formes de mobilisations collectives et citoyennes sur des faits de société, comment elles acquièrent des savoirs et des savoirs-faire et en quoi cela reflète des processus d’individuation et d’individualisation.
Enfin, le troisième axe, « Reconfigurations de l’intime et du public », propose d’analyser les négociations des rôles prescrits aux femmes au sein de la famille (nucléaire et élargie) par rapport aux figures traditionnelles et masculines de l’autorité, de remettre en question les reconfigurations des rapports entre autorité et légitimité sociale au sein et en dehors de l’espace familial de même que d’appréhender les carrières choisies par des femmes (militantes, leaders d’opinion, leaders politiques, chefs d’entreprise, cadres de la fonction publique, élues) et leur impact sur leurs trajectoires biographiques.
Les propositions (300 mots) accompagnées d’une notice biographique (50 mots) précisant le statut et l’affiliation doivent parvenir à la revue avant le 1er septembre 2014. Les manuscrits (7 000 mots) doivent être soumis au plus tard le 1er mars 2016 et respecter le protocole de publication (www.fss.ulaval.ca/lef/revue/, onglet    Protocole).    Ils    doivent    être    transmis    au    secrétariat    de    la    revue (revuerecherchesfeministes@ccb.ulaval.ca), ainsi qu’aux responsables du numéro : Muriel Gomez-Perez (muriel.gomez-perez@hst.ulaval.ca) et Marie Brossier (marie.brossier@pol.ulaval.ca).

• “Penser l’intersectionnlité
Revue ¿ Interrogations ?
       Argumentaire :
   Les catégorisations de classe, d’âge, de sexe, de sexualité, de “race”, etc., contribuent à homogénéiser les groupes, ce qui pose souvent problème pour rendre compte de la réalité sociale dans sa diversité et sa complexité. Comment “classer”, regrouper afin de monter en généralité, sans être schématique ou caricatural ? Comment décrire les phénomènes de domination tout en évitant le piège de l’abstraction globalisante? La notion d’ « intersectionnalité »    (Crenshaw ;    2005)    propose    de    penser    l’entrecroisement    des caractéristiques sociales. Elle dé-essentialise en montrant la co-construction des relations de pouvoir à la base des inégalités. D’origine anglo-saxonne, l’approche se focalise sur la construction des identités multiples, conséquentes des formes plurielles de domination (de classe, d’âge, de race, de sexe, de sexualité, etc.). Le Black feminism constitue l’un des premiers objets d’études. Cette attention à la combinaison des rapports sociaux correspond également à des préoccupations de chercheur-e-s francophones à l’instar de ceux de Danièle Kergoat dans son étude pionnière des femmes ouvrières (Kergoat ; 1978). La question de l’articulation des rapports sociaux de classe et de sexe est posée. Cependant, les interprétations en termes d’intersectionnalité sont rejetées au motif qu’elles fragmentent l’analyse du social et contribuent au relativisme (Kergoat, 2012). La réflexion s’est prolongée ultérieurement à travers des études telles que celles d’Elsa Dorlin (Dorlin ; 2006 et 2009). Elle soulève plusieurs questions.
1) Les enjeux méthodologiques : comment appréhender l’intersectionnalité ? Faut-il “hiérarchiser” des variables comportementales pour comprendre le social? Dans quelle mesure se centrer sur un type de rapport social plus qu’un autre peut contribuer à modifier la réalité sociale appréhendée à travers la recherche ? Par exemple, on peut considérer que se focaliser uniquement sur le genre (ou la classe, la “race”, la sexualité, l’âge, etc.) constitue une imposition de problématique. Cela revient à utiliser une grille de lecture unidimensionnelle du social alors que la réalité est façonnée par de multiples rapports sociaux construisant des identités hétéroclites. Comment dépasser ces biais ?
2) Les enjeux théoriques : en quoi l’intersectionnalité permet-elle d’appréhender les rapports sociaux ? Comment remet-elle en question certaines théories “classiques” des inégalités sociales ? La théorie de la « domination masculine » (Bourdieu ; 1998) est- elle infirmée par des études récentes, montrant que la “féminité” ne constitue pas nécessairement un handicap social ? C’est, par exemple, le cas en politique dans un contexte d’élections paritaires, a fortiori lorsque la féminité se « cumule » à d’autres caractéristiques reflétant la « diversité », comme la jeunesse ou encore une origine ethnique marginale (Achin et Lévêque ; 2011). Le cumul des « stigmates » (Goffman ; 1975) enferme-t-il toujours dans des positions sociales subalternes ou bien existe-t-il des situations et des configurations permettant de renverser la donne ? Comment s’agencent les différents rapports sociaux ? Faut-il les concevoir dans leur analogie ou bien dans leur imbrication ? Les processus de domination sociale peuvent-ils être transformés, voire subvertis, par leur co-construction ?
3)    Ces questions en soulèvent d’autres, d’ordre épistémologique. On se demandera ainsi si une théorisation de l’intersectionnalité est possible. La notion ne signifie-t-elle pas en soi l’abandon de la volonté de saisir dans sa globalité le monde social ? Au-delà d’une description et explication des phénomènes humains, la question témoigne des enjeux théoriques contemporains. L’intersectionnalité est-elle une approche pertinente pour les sciences sociales ? Chercher à prendre en compte la pluralité des expériences risque de faire perdre la capacité à monter en généralité. Quelles autres alternatives sont possibles ?
Entre perfectionnement de la Grounded theory (Strauss et Corbin; 1990) et déconstructionnisme conduisant à relativiser la pertinence des théories macro-sociales, en particulier structuralistes, les enjeux méthodologiques, théoriques et épistémologiques relatifs à l’intersectionnalité sont nombreux. La revue ¿ Interrogations ? propose de les questionner dans son dix-neuvième numéro et recherche, pour ce faire, des contributions originales et inédites portant sur l’analyse empirique ou théorique de l’imbrication des rapports sociaux, quels qu’ils soient.
Les articles, rédigés aux normes de la revue, au format .doc ou .odt, devront être adressés à Maud Navarre, avant le 31 mars 2014, à l’adresse électronique suivante: mnavarre@laposte.net. Les propositions de 50000 signes maximum (espaces et notes compris) comprendront un titre, un résumé de l’article et quelques mots clés, formulés en français et en anglais. Elles s’accompagneront d’une brève présentation de l’auteur (statut et principales publications). La proposition devra être rédigée entièrement aux normes de la revue (http://www.revue-interrogations.org/Recommandations-aux-auteurs).
Les propositions d’articles seront d’abord pré-expertisées par le comité de rédaction (http://www.revue-interrogations.org/Le-Comite-de-redaction) qui jugera de sa qualité de mise en forme, de sa lisibilité et de son adéquation avec l’appel à contribution en cours.
Dans un deuxième temps, les articles sélectionnés seront adressés, anonymement, à au moins deux experts indépendants pris dans et en dehors de notre comité de lecture (http://www.revue-interrogations.org/Le-Comite-de-lecture). Ils devront se prononcer sur sa qualité scientifique et méthodologique. Quatre réponses sont possibles de la part des experts : publication envisageable en l’état ; publication envisageable sous réserve de modifications mineures ; publication envisageable sous réserve de modifications majeures ; proposition de rejet.
La liste des propositions retenues sera communiquée, courant juin 2014.
Les contributions définitives devront être transmises à la coordinatrice, au plus tard, en décembre 2014.
Publication du numéro : juin 2015.
http://www.revue-interrogations.org/

• “Penser le genre en contexte postcolonial
Projet UMR Thalim / Ecritures de la Modernité
CNRS/Paris 3
Argumentaire :
   Ce programme, porté par Anne Castaing, s’inscrit dans l’axe 3-Transculturalité de l’UMR Thalim/Ecritures de la Modernité, CNRS/Paris 3.     Il se propose d’interroger la construction des discours, des représentations et des identités de genre dans le cadre de cultures postcoloniales, et d’examiner en parallèle les singularités culturelles et historiques du genre et de sa formulation.
A la fin des années 1980, la mise en question de l’universalisme de certains discours féministes a permis de repenser les catégorisations arbitraires établies et d’étendre la quête de la spécificité à une dimension extra-européenne. Celle-ci incite dès lors à intégrer de façon systématique les données culturelles, géographiques et historiques à toute réflexion sur les femmes, leurs représentations et le patriarcat, et plus largement, sur le genre. Chandra Talpade Mohanty (1991) appelle ainsi à une « décolonisation du genre » et une « reconnaissance des différences », Adrienne Rich (1984) à une « politique (et donc, une pensée) de la localisation », quand Gayatri Spivak (1988) dénonce la façon dont l’Occident colonise l’hétérogénéité de l’expérience de la « Femme du Tiers-Monde » et accapare son discours. De fait, si ce type de travaux ouvre le champ de la pensée postcoloniale aux questions de genre, ils permettent à la fois de repenser le féminisme comme discours racé et historicisé, de mettre en évidence la sexuation de la colonisation et du nationalisme (voir aussi Stoller 2013 ou Chatterjee 1993) et dès lors, d’offrir un espace d’expression à la différence, de « laisser parler le subalterne », comme le propose, dans le champ indien, les études subalternes. D’où l’importance, dans ce projet, d’interroger le genre au prisme de la création, du langage, mais également des pratiques sociales et culturelles (Grodzins Gold & Goodwin Raheja, 1994), où se formulent la complexité des identités et des cultures du genre. Cette perspective permettra également d’interroger l’histoire subalterne qu’est l’Histoire des Femmes, plus problématique encore qu’elle s’inscrit dans un contexte où les discours des femmes sont doublement subalternisés, doublement colonisés.
Ce programme s’inscrit ainsi dans une perspective pluridisciplinaire puisqu’il invite à une réflexion croisée sur l’histoire, le genre et la culture, réflexion essentielle dans un contexte de cristallisation des identités et d’uniformisation des cultures. En outre, la difficile émergence en France des études postcoloniales, de même que la suspicion hexagonale pour les études de genre (incarnée dans l’expression douteuse « Théorie du genre/des genres ») incitent plus encore à creuser des questions qui heurtent une histoire coloniale et intellectuelle française (voir Dorlin 2006), et à rassembler des travaux, des discours et des disciplines autour d’une question commune.
En écho aux réflexions qui sont les nôtres, ce programme comprend deux volets :
1.    Le premier volet concerne le lien entre genre et colonisation et genre et nation. Il s’intéressera à la représentation de l’ « Autre » (Femme et/ou Tiers-Monde, voir Said 1978, Dorlin 2006), de même qu’aux modes d’expression et aux « histoires » subalternes. On pourra en outre s’interroger sur les modes de représentation du genre dans le cadre d’une culture de contact, pour repenser les catégories de genre dans un contexte d’identités « hybrides » (Bhabha, 1994). Parallèlement, la question de « nation genrée » permettra de se pencher sur celle de la nationalisation des corps, de même que sur la problématique des sexualités en contexte postcolonial.
2.    Le second volet s’intéressera aux spécificités et aux performances culturelles du genre, de ses représentations et de ses discours. On pourra notamment s’interroger sur les concepts clé des discours féministes occidentaux (patriarcat, identité de genre, sexualités, transgenre, féminisme), sur la diversité des discours du féminin et sur les pratiques genrées dans des contextes comparés (le port du voile, par exemple). On pourra de même s’interroger sur la variété des identités genrées et leur formulation, ainsi que sur les performances culturelles (dans le champ des pratiques, de la langue, de la création) du genre dans différents contextes.
Pour explorer ces questions, nous souhaitons former un groupe de travail autour de réunions informelles, qui permettront de mettre en place :
-      1 colloque en novembre 2014, intitulé « Ecrire et penser le genre en contexte postcolonial », donc spécifiquement organisé autour de la question postcoloniale ;
-      1 séminaire à compter de janvier 2015, intitulé «Performances culturelles du genre », plus globalement centré sur de la question des performances culturelles du genre et de sa représentation.
Contact :
annecastaing@yahoo.fr

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4 – EN LIGNE :

• Pétition “Les études de genre, la recherche et l’éducation : la bonne rencontre
Des enseignantes et des enseignants de la maternelle à l’Université, des chercheuses et des chercheurs, des étudiantes et des étudiants réagissent et appellent au soutien de toutes et tous.
http://genrerechercheeducationrencontre.unblog.fr/

• Pour le RING, “Le genre, un outil pour l’égalité“, Mediapart, 6 février
Pourquoi les études de genre? « Nous nous efforçons de questionner ce qui semble aller de soi – ce que d’aucuns appellent la nature – comme les façons de dire le masculin et le féminin afin de laisser s’épanouir les capacités chez l’enfant », expliquent ici plusieurs universitaires membres de la Fédération de recherche sur le genre.
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-batailles-de-legalite/article/060214/le-genre-un-outil-pour-legalite

• Lucie Delaporte, “Circulaires, manuels, livres: les ministères censurent le mot «genre»“, Mediapart, 6 février
Cédant à la pression des lobbies les plus conservateurs, le gouvernement a déjà, et depuis plusieurs mois, choisi de faire disparaître partout le mot « genre », désormais jugé trop sulfureux. Au prix d’absurdes acrobaties. Enquête sur une censure discrète qui signe aussi une incroyable défaite idéologique.
http://www.mediapart.fr/journal/france/060214/circulaires-manuels-livres-les-ministeres-censurent-le-mot-genre
http://www.fichier-pdf.fr/2014/02/06/genre/preview/page/1/

• Collectif, “Désolante capitulation gouvernementale“, Le Monde, 6 février
Depuis des années, nous nous évertuons à répondre aux attaques à répétition contre la supposée théorie du genre. A défaut d’empêcher les caricatures, nous nous efforçons de dissiper les malentendus. Inlassablement, nous expliquons que le genre est un concept dont l’utilité a été démontrée de longue date, dans des disciplines multiples, par quantité de recherches menées dans de nombreux pays.
Nous précisons que des paradigmes différents, parfois concurrents, définissent ce champ d’études : parler de la théorie du genre, au singulier, revient à nier cette richesse inséparablement théorique et empirique. Nous ajoutons qu’analyser la construction sociale de la différence des sexes n’implique nul déni de la réalité biologique : savoir comment un mur est bâti n’a jamais empêché de s’y cogner. Enfin, loin d’affirmer qu’on pourrait devenir homme ou femme au gré de ses fantaisies, nos travaux soulignent la force d’inertie des normes qui assignent des places différentes selon un ordre sexuel hiérarchisé. Il a certes changé depuis une ou deux générations ; les inégalités entre les sexes n’en perdurent pas moins, malgré l’égalité que revendiquent nos sociétés. S’il faut étudier les normes de genre qui continuent de reproduire cet écart entre les principes proclamés et la pratique constatée, c’est dans l’espoir de le réduire.
Mais l’heure n’est plus à nous justifier. Désormais, c’est aux adversaires des études de genre de répondre : de quel droit peuvent-ils disqualifier tout un champ d’études dont ils ne semblent rien connaître ? Bien sûr, il était légitime que l’ouverture du mariage et de la filiation aux couples de même sexe fît l’objet d’un débat démocratique. En revanche, la validité scientifique ne saurait se décider sous la pression de la rue ou des sondages. La légitimité de la science tient à son autonomie, soit à l’évaluation par les pairs. Or tout se passe aujourd’hui comme si le savoir était sommé de se conformer aux exigences de telle ou telle chapelle, religieuse ou pas, comme si la science avait pour vocation de conforter les préjugés et non de les remettre en cause.
Il est vain de répondre à la désinformation par l’information. Qu’est-ce que la théorie du genre ? Une fabrication du Vatican importée en France. En 2004, dans sa « Lettre aux évêques sur la collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et dans le monde », le cardinal Ratzinger dénonçait « l’occultation de la différence ou de la dualité des sexes » : s’il « entendait favoriser des visées égalitaires pour la femme en la libérant de tout déterminisme biologique, a inspiré des idéologies qui promeuvent la mise en question de la famille, de par nature composée d’un père et d’une mère, ainsi que la mise sur le même plan de l’homosexualité et de l’hétérosexualité ».
Tout l’argumentaire actuel était déjà là. Manquait seulement la formule magique : la théorie du genre, en écho aux offensives de la droite religieuse étatsunienne contre l’enseignement de la théorie de l’évolution. N’est-ce pas sur le terrain scolaire que s’est portée la bataille en 2011, contre l’introduction du « genre » dans les manuels de sciences de la vie et de la terre ? Surtout, si l’expression s’est imposée, c’est qu’en France la droite religieuse a trouvé des relais dans une droite réputée laïque : l’ignorance et l’anti-intellectualisme dénoncent la science au nom du bon sensŠ Ce n’est plus une frange marginale, mais un large spectre qui s’engage à droite contre la théorie du genre, de Christine Boutin à Nathalie Kosciusko-Morizet, en passant par Hervé Mariton, Henri Guaino et Jean-François Copé.
Aujourd’hui, l’extrême droite a rejoint le combat ­ non plus seulement sa composante religieuse, avec les intégristes de Civitas, mais aussi les nationalistes identitaires. C’est sur le site d’Alain Soral, qui se dit « national-socialiste », que Farida Belghoul a annoncé sa « Journée de retrait de l’école ». Et c’est au lendemain des manifestations de « Jour de colère » qu’elle a bénéficié d’une couverture médiatique exceptionnelle. Bref, l’unité de toutes les droites, modérées et extrêmes, se fait aux dépens des études de genre.
Face à ces mobilisations politiques déterminées, dans la majorité gouvernementale, certains ont d’abord hésité : le ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, entend certes « lutter contre les stéréotypes de genre », mais il se déclare « contre la théorie du genre » Cet embarras vient de se transformer en reculade sous la pression de manifestants nostalgiques de la famille à l’ancienne.
Sur l’ouverture de la PMA aux couples de femmes, le gouvernement avait déjà cédé ; aujourd’hui, en renonçant à la loi sur la famille, il capitule avant même d’avoir combattu. On entend monter un refrain populiste bien connu : et si le genre était seulement l’affaire des « bobos » ? Le peuple n’est-il pas réfractaire à ces préoccupations élitistes ? Dès qu’on traite des femmes, des gays ou des lesbiennes, on nous explique que les classes populaires ne sont pas concernées, comme si elles étaient uniquement constituées d’hommes hétérosexuels, et comme si le genre et la sexualité n’étaient pas l’affaire de toutes et tous.
A ceux qui craignent que le genre ne trouble la quiétude du peuple, il faut expliquer que le trouble vient de l’évolution sociale elle-même : dès lors qu’est ébranlé l’ordre ancien des hiérarchies sexuelles, les rôles des femmes et des hommes ne vont plus de soi. Faut-il regretter l’âge d’or du patriarcat, ou bien se réjouir que l’incertitude provoquée par sa remise en cause n’ouvre une marge de liberté, ou en tout cas de négociation ? Non, notre place dans le monde n’est pas fixée pour l’éternité ; aussi les études de genre travaillent-elles à rendre intelligible l’histoire qui nous traverse jusque dans notre intimité.
Lucie Bargel, politiste, université de Nice ; Laure Bereni, sociologue, CNRS ; Michel Bozon, sociologue, INED ; Delphine Dulong, politiste, université Paris-I ; Eric Fassin, sociologue, université Paris-VIII, Rose-Marie Lagrave, sociologue, EHESS ; Sandrine Levêque, politiste, université Paris-I ; Frédérique Matonti, politiste, université Paris-I ; Florence Rochefort, historienne, présidente de l’Institut Emilie du Châtelet.
http://www.lemonde.fr/idees/article/2014/02/06/theorie-du-genre-desolante-capitulation-gouvernementale_4361045_3232.html

• nouvelobs.com, “Genre et théorie : Judith Butler nous écrit
Pour la philosophe américaine, “les théories du genre existent au pluriel”.
http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20140210.OBS5705/genre-et-theorie-judith-butler-nous-ecrit.html

• CLASCHES, “Guide sur le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche
Le Collectif de lutte anti-sexiste contre le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur (CLASCHES) lance la première édition de Le harcèlement sexuel dans l’enseignement supérieur et la recherche. Guide pratique pour s’informer et se défendre.
http://www.clasches.fr/contenu/publication-guide-information-sur-le-harcelement-sexuel-dans-esr

• Vacarmes, “History trouble. Entretien avec Joan W. Scott
« Femme », « Homme », « Genre », « Français », « Musulman » : ces catégories, par lesquelles se constituent et s’identifient des sujets politiques, n’ont pas de sens fixe. C’est que « les mots ne sont jamais que les batailles pour les définir ». Rencontre avec l’historienne de ces batailles.
http://www.vacarme.org/article2325.html

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5 – PUBLICATIONS :

• Leonore Davidoff, Catherine HallFamily Fortunes. Hommes et femmes de la bourgeoisie anglaise (1780-1850), La Dispute, Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Christine Wünscher, 444 p. 30 euros. ISBN : 9782843031236
Family Fortunes, c’est l’histoire de l’irrésistible ascension de la bourgeoisie anglaise au cours des XVIIIe et XIXe siècles. Dans la mise en place de cet ordre social, la redéfinition des catégories de masculinité et de féminité joue un rôle central.
Leonore Davidoff et Catherine Hall, respectivement sociologue et historienne, montrent, à partir d’un prodigieux travail sur archives et d’une analyse limpide des relations entre classes sociales et rapports sociaux de sexe, comment la petite bourgeoisie émergente a construit ses propres institutions, cultures et valeurs durant la révolution industrielle.
En éclairant d’une manière vivante et précise la formation sociale progressive des frontières entre la bourgeoisie et les autres classes sociales, entre les hommes et les femmes, entre sphère publique et sphère privée, travail domestique et travail rémunéré, elles analysent comment on devient homme ou femme dans cette nouvelle classe sociale ; et, inversement, comment ce processus façonne la bourgeoisie sur les plans économique et politique, mais aussi des valeurs, de la religion et de la culture.
Référence majeure dont la méthode, l’originalité et la qualité historiographiques ont été reconnues internationalement, intéressera tout-e-s celles et ceux qui cherchent à remettre sur le métier la discussion sur les classes sociales, et à penser ensemble les dimensions historiques, économiques, sociologiques et culturelles des rapports de classe et des rapports de sexe dans les sociétés capitalistes.
http://atheles.org/ladispute/mouvementsdesociete/familyfortunes/index.html

• Frédéric Regard (ed.), Féminisme et prostitution dans l’Angleterre du XIXe siècle : la croisade de Joséphine Butler, ENS Editions, 316 p., 23 euros. ISBN 978-2-84788-392-3
Cet ouvrage est une introduction à la vie et à l’œuvre de l’Anglaise Josephine Butler (1828-1906), qui précipita une révolution du regard porté sur la prostitution à l’époque victorienne.
Cette féministe largement méconnue fut la fondatrice en 1869 de la Ladies National Association, dont le but était d’obtenir l’abrogation des « lois sur les maladies contagieuses », dispositif qui faisait porter l’entière responsabilité de la propagation de la syphilis dans les armées de l’Empire britannique sur les prostituées. Lorsque les lois furent finalement abrogées en 1886, c’est tout le rapport au corps de la femme qui avait été redéfini.
Ce livre met à la disposition du lecteur des traductions des textes majeurs de cette grande féministe, dont la pensée se déploie à la croisée de la sociologie, de l’économie, de la médecine et de la théologie. Ces textes ne furent jamais réunis en un ouvrage majeur, car ce sont pour beaucoup des transcriptions de conférences données lors de tournées de mobilisation de l’opinion publique dans les villes anglaises. Les traductions proposées ici sont précédées d’un essai critique, où les liens de Josephine Butler avec la littérature populaire sont également analysés : le mélodrame lui offrit l’occasion de redéfinir les responsabilités de chacun ; sa passion pour les enquêtes et le journalisme d’investigation jeta les fondements d’une forme nouvelle, le detective novel.
http://catalogue-editions.ens-lyon.fr/fr/livre/?GCOI=29021100310120

• Anne-Marie Sohn (ed.), Une histoire sans les hommes est-elle possible ? Genre et masculinités, ENS Editions, 384 p., 21 euros. ISBN 978-2-84788-403-6
On ne naît pas homme, on le devient. Cet ouvrage se propose de déconstruire ce qui a fait longtemps figure d’invariant et de montrer que la masculinité a une histoire. Les contributions, qui courent de la préhistoire à nos jours, peignent ainsi des masculinités à la fois multiples et changeantes.
Ce livre examine en premier lieu les signes et marqueurs de la masculinité qui permettent d’emblée de savoir qui est un homme. Il analyse ensuite les preuves et épreuves de masculinité, qu’elles soient professionnelles, sexuelles ou militaires. Les hommes, en effet, se doivent de démontrer, toute leur vie durant, qu’ils remplissent bien les critères de « bonne masculinité » attendus d’eux. Sont en jeu ici les processus sociaux et éducatifs qui transforment le sexe en genre et la nature en culture. Ces preuves et épreuves non seulement font « l’homme » mais construisent également les hiérarchies masculines, opposant dominants et dominés, gagnants et perdants de la masculinité.
Une histoire des hommes et des masculinités fondée sur le genre permet ainsi de mieux comprendre la résistance de la domination masculine et les inégalités présentes entre hommes et femmes.
http://catalogue-editions.ens-lyon.fr/fr/livre/?GCOI=29021100272570

• Pinar SelekService militaire en Turquie et construction de la classe de sexe dominante. Devenir homme en rampant, L’Harmattan, traduction de Ali Terzioglu, 220 p., 23 euros. ISBN : 978-2-343-02441-7
A travers 58 entretiens menés avec des hommes de différents âges et milieux socio-géographiques, cet ouvrage vise à saisir les souvenirs que le service militaire a laissés aux anciennes recrues et les discours qui l’accompagnent. Premier arrachement au milieu familial pour beaucoup, il implique un véritable brassage ethnique et de classe, et un tourbillon de nouveautés pour les jeunes gens.
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=42357

• Africultures, “Homosexualités en Afrique”, L’Harmattan, 272 p., 22 euros. ISBN : 978-2-336-29943-3
Sous la direction de Anne Crémieux
L’homosexualité en Afrique est un sujet tabou. Ce serait une pratique importée d’Europe, étrangère aux cultures autochtones. Cependant, partout les opinions évoluent, les militants s’organisent. La parole dans ce numéro est donnée à des militants qui analysent leur situation et ont le courage de dénoncer les injustices, à des émigrés qui racontent leur histoire et expliquent l’homophobie à l’échelle individuelle et familiale, à des critiques qui valorisent les expressions littéraires et artistiques fondamentales à l’évolution des mentalités.
http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=42289

• Colette PiponEt on tuera tous les affreux. Le féminisme au risque de la misandrie (1970-1980), PU de Rennes, 242 p., 18 euros. ISBN : 978-2-7535-2943-4
« Je ne suis pas féministe, parce que je n’en veux pas aux hommes. » Cette réflexion d’une ancienne militante du Planning familial établit un lien évident entre féminisme et haine des hommes. Peut-on faire l’hypothèse d’une misandrie travaillant le Mouvement de libération des femmes en France dans les années 1970 ? À partir de sources variées (presse, tracts, affiches, témoignages écrits et oraux de militantes), cet ouvrage en analyse la présence dans les discours féministes sur l’avortement, le viol, les relations de couple ou encore l’homosexualité.
http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3410

• Béatrice Damian-Gaillard, Sandy Montañola et Aurélie Olivesi (dir.), L’assignation de genre dans les médias. Attentes, perturbations, reconfigurations, PU de Rennes, 154 p., 16 euros. ISBN : 978-2-7535-2905-2
Comment les identités de genre contrevenant aux stéréotypes traditionnels sont elles médiatisées ? Comment les médias travaillent-ils à partir d’assignations genrées pré-construites ? Si les médias peinent à évoquer les identités qui contreviennent aux assignations genrées traditionnelles, leur traitement révèle un certain nombre d’ambivalences, de paradoxes, voire de contradictions. Trois mécanismes essentiels sont étudiés : les attentes envers le genre, leur perturbation, mais également la reconfiguration des rôles sociaux. Les différentes recherches proposées au lecteur viennent éclairer les enjeux de pouvoir économiques, sociaux et symboliques qui travaillent les discours médiatiques.
http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=3401

• Dominique MeursHommes/femmes. Une impossible égalité professionnelle ?, Editions Rue d’Ulm, 106 p., 8 euros. ISBN-978-2-7288-0508-2
Le thème de l’égalité professionnelle entre les hommes et les femmes est un vrai serpent de mer : chaque année, aux alentours du 8 mars (la « Journée de la femme »), est dénoncée l’inégalité persistante entre les hommes et les femmes sur le marché du travail ; le discours se concentre sur le contenu à donner au terme d’« égalité » ; parfois, une loi est votée. Puis rien ne semble beaucoup évoluer, jusqu’au 8 mars suivant…
Cet opuscule commence par retracer les progrès accomplis en matière d’égalité hommes/femmes dans les dernières décennies. Pourtant, alors que désormais les femmes sont plus éduquées que les hommes, les inégalités professionnelles demeurent marquées. L’analyse de leurs déterminants et des politiques publiques – notamment des expériences étrangères – montre que pour résorber des inégalités de salaire persistantes, il faudra mettre en place des politiques de longue haleine. Elles seules pourront avoir des effets durables, en affectant les comportements individuels et les normes sociales.
http://www.presses.ens.fr/produit.php?ref=978-2-7288-0508-2&id_rubrique=1

• Recherches féministes, “Femmes et vieillissements : nouveaux regards, nouvelles réalités”, volume 26 numéro 2
Table des matières
Présentation
> Anne Queniart et Michele Charpentier
Articles
> Monique Membrado
le genre et le vieillissement : regard sur la littérature
> Agathe Bernier-Monod
« lève-toi ! aie le courage de vivre ! » :
lecture commentée de « la vieille femme » d’hedwig dohm, pionnière du féminisme allemand
> Armelle Le Bras-Chopard
le vieillissement au féminin et au masculin chez simone de beauvoir
> Aline Charles
femmes âgées, pauvres et sans droit de vote, mais… citoyennes ?
lettres au premier ministre du québec, 1935-1936
> Caroline Schuster Cordone
les perceptions et les enjeux de la vieillesse féminine dans l’art à l’aube de l’époque moderne
> Rania Aoun
facebook et le phénomène des cougars : de « mamies » à milf
> Michele Vatz Laaroussi
les aînées réfugiées au québec : entre transmission et transformation sociale ?
> Isabelle Mallon
s’enraciner ou s’émanciper ? vieillir au féminin en milieu rural isolé
> Isabelle Wallach
de l’acceptation à la résistance : expériences et gestion des changements de l’apparence chez les femmes vieillissant avec le vih
Hors thème
> Helene Martin
le changement social et la rhétorique traditionaliste : la qualification sociale de l’entrepreneuriat féminin à l’intersection des rapports sociaux de sexe, de classe et de colonialité
Le point sur…
> Catherine Vidal
le genre à l’épreuve des neurosciences
http://www.erudit.org

• Charlotte Debest, Magali Mazuy, “Rester sans enfant : un choix de vie à contre-courant”
Population et Sociétés, n°508, février 2014, 1,50 euros. ISSN 0184 77 83
Les personnes sans enfant et déclarant ne pas en vouloir sont relativement rares en France. Qui sont-elles ? Quelles raisons donnent-elles à leur choix ? Le fait de vivre ou non en couple a-t-il une influence ? S’appuyant sur plusieurs enquêtes, dont l’enquête Fecond, Charlotte Debest et Magali Mazuy nous présentent les résultats de leur analyse sur ce choix de vie.
http://www.ined.fr/fr/ressources_documentation/publications/pop_soc/bdd/publication/1671/

• Collectif, Glossaire Du Féminisme, Editions du Bord de l’eau, 160 p., 12 euros. ISBN : 9782356872906
Le terme « féminisme » est aujourd’hui délaissé par les jeunes générations. Par manque de combattivité ou de connaissances, mais aussi parce qu’il recouvre différentes interprétations et engagements. Il n’est pas pour autant à géométrie variable selon son identité ou son appartenance.
Le Conseil des Femmes Francophones de Belgique a cherché à donner une définition actuelle au féminisme. Ce glossaire a nécessité de redéfinir avant tout des concepts de base tels que la diversité, l’égalité, l’émancipation, la domination, le patriarcat… pour aboutir, en fin d’ouvrage, à une définition vaste, plurielle mais universelle du féminisme actuel.
Non : le féminisme n’est pas une injure. S’il se heurte encore au sexisme ordinaire, il n’est pas pour autant synonyme d’hystérie ou de colère. Ce livre clarifie et actualise des définitions qui permettent à toutes et tous, notamment parmi les plus jeunes générations, de se réapproprier un idéal égalitaire.
http://www.lamuette.be/fr/books/glossaire-du-fminisme/373/

One thought on “Résumé des principaux événements à venir – France, Belgique, Suisse

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